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Commerce en ligne : évaluer l'impact sur les revenus fiscaux des villes

La montée en puissance du commerce en ligne forcera les municipalités à s'adapter pour protéger leur assiette fiscale.

Les évaluateurs municipaux du Québec ont profité de leur 54e congrès à Rimouski pour s'interroger sur l'impact du commerce en ligne sur la valeur des immeubles commerciaux que ce soit dans les centres-villes ou les centres commerciaux.

Conférencier invité au congrès, le gestionnaire de portefeuille Pierre-Olivier Langevin de la firme Medici a d'abord tracé un portrait plutôt sombre de la croissance du commerce en ligne sur les revenus fiscaux des villes.

À l'appui de sa thèse, M. Langevin cite les performances d'une firme comme Amazon dans la vente de ce qu'il appelle des biens de commodités comme les livres, la musique ou encore les jouets. Il ajoute que « les commerces traditionnels n'arriveront pas à ramener ces ventes dans des magasins ayant pignon sur rue ».

Dans les circonstances et même s'il n'existe aucune donnée sur le nombre de commerces qui ont dû fermer leurs portes à cause du commerce en ligne, M. Langevin estime que les municipalités auraient tout intérêt à trouver des moyens de diversifier leurs sources de revenus pour être moins dépendantes des seules taxes foncières.

Un espoir pour les villes

Dans une portion plus optimiste de sa présentation, Pierre-Olivier Langevin expliquait que le modèle d'affaires d'Amazon devrait évoluer vers des services de proximité. Il évoque ainsi la possibilité pour un géant de cette nature d'ouvrir des comptoirs de vente dans les centres commerciaux ou autres pour la vente de produits d'épicerie. Il cite également en exemple la vente de vêtements que les consommateurs préfèrent généralement essayer avant d'acheter.

Marie-Claude Schmidt, comme le président de l'Association, Louis Garant, se réjouit aussi de constater que les magasins plus traditionnels s'adaptent aux nouvelles réalités commerciales.

Plusieurs commerces optent pour un service à la clientèle de proximité alors que d'autres vont tenter de développer un milieu de vie autour de centres commerciaux en y ajoutant, par exemple, des immeubles à condominiums.

Achat local

Pierre-Olivier Langevin dit qu'il faudra toujours faire la promotion de l'achat local, mais il dit que l'on ne pourra jamais vraiment savoir si l'économie réalisée par le consommateur lors d'un achat en ligne ne lui sera pas reprise par une ville qui aura haussée ses taxes foncières pour compenser ses pertes de revenus liées à la fermeture de commerces locaux.

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