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Conséquences de l’abandon de la bourse du carbone sur l’Ontario

Lors de la première rencontre du caucus progressiste-conservateur de l'Ontario, cette semaine, Doug Ford a réitéré son plan de retirer l'Ontario du marché du carbone et de vouloir s'opposer à la taxe sur le carbone du gouvernement fédéral. Ces intentions, qu'il a répétées tout au long de la campagne électorale, inquiètent certaines entreprises de la province.

La grande partie des entreprises ontariennes oeuvrant dans l’industrie pétrochimique se retrouvent à Sarnia et selon Mike Bradley, le maire de la municipalité, ces entreprises sont inquiètes de l’instabilité à laquelle elles sont confrontées.

La décision de Doug Ford sera acceptée, mais plusieurs compagnies ont joint le marché du carbone et y ont investi des sommes importantes, explique M. Bradley.

Même son de cloche pour Jean-Thomas Bernard, professeur au Département d'économie de l'Université d'Ottawa, qui indique quel’Ontario a vendu pour environ 3 milliards de dollars en valeur de permis. Donc il y a des entreprises qui ont acheté de ces permis qui n’ont aujourd’hui plus de valeur.

Même si Doug Ford fait des promesses de retrait, il sera confronté à plusieurs obstacles qui pourraient prolonger l’instabilité.

Incertitudes par rapport au futur

Selon le maire de Sarnia, le gouvernement majoritaire qui dirigera l’Ontario a le droit d’abandonner la bourse du carbone, mais il doit s’attendre à des poursuites potentielles de la part des compagnies qui ont perdu les investissements qu’ils y ont faits.

M. Bradley estime qu’avec la taxe de carbone promise par le gouvernement fédéral pour les provinces qui ne gèrent pas déjà la production d’émissions, il faut que les gouvernements provinciaux et fédéral s’entendent pour que les entreprises et les consommateurs ne se retrouvent pas à payer plus cher.

Protéger les emplois et les entreprises

Le maire de Sarnia indique que l’abandon de la bourse du carbone et la taxe fédérale qui suivra pourrait avoir une incidence sur l’emploi dans sa région. Combinées aux menaces économiques du président américain Donald Trump, à l'incertitude liée à l’ALENA, ces mesures pourraient entraîner des pertes d’emplois.

Jean-Thomas Bernard est d'accord. Il estime que l’Ontario va pénaliser les entreprises qui avaient acheté des permis et que celles-ci devraient être compensées.

Selon M. Bernard, c’est quand même près de 3 milliards de dollars [qui ont été payés par les entreprises] et qui ont été dépensés par le gouvernement précédent, donc qu’est-ce qu’on fait? Soit on coupe des services ou on augmente les taxes, et ça prendra sûrement la forme de coupes dans les services.