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Couillard devant l'Economic Club de New York

Philippe Couillard a pris la parole lundi matin devant les membres du très prestigieux Economic Club de New York.

Loin d'être anodine, cette allocution d'un premier ministre québécois est la première prononcée devant ce groupe de l'élite économique new-yorkaise en près de 40 ans.

René Lévesque est le dernier leader québécois à s'être adressé à l'organisation en 1977, où il avait parlé de souveraineté.

Vêtu d'un complet gris anthracite, Philippe Couillard a vanté les avantages du commerce entre le Québec et l'État de New York pour les entrepreneurs new-yorkais et a réitéré l'importance de garder les frontières commerciales ouvertes.

Le premier ministre a mis de l'avant l'importance des échanges entre les deux territoires, qui atteignent les 2 milliards de dollars chaque jour et placent la relation Québec-New York au sommet des relations économiques dans le monde.

Il a également assuré qu'il est possible de préserver l'environnement sans nuire à l'économie et a présenté en exemple le projet d'électrification des transports du Québec.

Même si la lutte contre les changements climatiques demande certains efforts, elle représente également une occasion économique, défend-il.

Pendant que la police de New York menait une immense chasse à l'homme pour retrouver les auteurs des attaques terroristes perpétrées samedi à New York et au New Jersey, le premier ministre a rappelé les liens étroits qui unissent les deux pays.

« Nos fils et nos filles combattent en ce moment même le terrorisme partout dans le monde », a-t-il souligné.

La campagne présidentielle qui étonne, vue d'ici

Interrogé sur la campagne électorale américaine, le premier ministre québécois n'a pas hésité à faire part de son étonnement. « Nous sommes parfois ébahis par le débat politique ici », a-t-il confié, déclenchant l'hilarité de son auditoire.

Sans le nommer directement, Philippe Couillard a également critiqué la promesse de Donald Trump de donner un nouveau souffle à l'industrie du charbon, pourtant montrée du doigt pour ses émissions importantes de gaz à effet de serre. « C'est stupéfiant que nous soyons encore en train de discuter si nous devrions rouvrir les usines au charbon. Il me semblait que ce genre de discussions étaient dépassées », a-t-il soutenu.

Alors que les candidats républicain et démocrate à la Maison-Blanche se montrent critiques à l'égard des ententes de libre-échange, le premier ministre a réitéré l'importance pour le Québec de garder les frontières ouvertes. « L'ouverture des marchés crée des emplois. La fermeture des marchés tue l'emploi », a-t-il affimé.

En prévision du sommet des Nations unies sur le climat

Le premier ministre a bénéficié de cette tribune dans le cadre de la Semaine sur le climat à New York, en prévision du sommet des Nations unies sur le climat, qui aura lieu au Maroc au mois de novembre.

Le réchauffement climatique et les interventions qu'envisagent les différents États américains afin de changer les choses sont les principaux sujets qui figurent au menu de l'événement, qui rassemble annuellement des leaders du monde politique et du secteur privé.

Pour sa troisième participation à la Semaine du climat, le premier ministre a pris part à un panel sur l'innovation avec différentes personnalités du monde des affaires, dont le PDG de Philips Lighting, Eric Rondelat. Il en a profité pour présenter les avantages du marché du carbone auquel participe le Québec et pour promouvoir son plan d'électrification des transports.

Une rencontre est en outre prévue en soirée entre Philippe Couillard et des journalistes du média Bloomberg.

Le premier ministre doit conclure sa mission à New York en soirée en remettant l'insigne de chevalier de l'Ordre du Québec à Joseph V. Melillo, directeur artistique de la Brooklyn Academy of Music.

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