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Crabe des neiges : inquiétude grandissante sur les quais de la Gaspésie

Pendant que le ministère des Pêches et Océans intensifie la surveillance aérienne dans les zones de pêche du golfe du Saint-Laurent, l'inquiétude est de plus en plus palpable tant chez les crabiers que chez les travailleurs d'usines de la Gaspésie.

Un texte de Bruno Lelièvre avec la collaboration de Joane Bérubé

Cinq appareils survolent les eaux canadiennes deux à trois fois par semaine pour suivre le parcours des baleines noires.

Les données recueillies devraient permettre de mieux cibler les zones à risques pour les années à venir. Une nouvelle zone de pêche a été fermée jeudi en fin de journée.

Alban Hautcoeur y avait installé une cinquantaine de casiers. Il a dû les enlever. Il se demande s’il pourra capturer son quota. Jusqu’à maintenant il estime avoir pêché environ 70 % de son quota de 220 000 livres.

Il n’est pas certain d’arriver à tout pêcher. « Même s’il ne m’en reste plus beaucoup à prendre, observe M.Hautcoeur, à force de fermer des zones comme ça, on ne sait plus où on va. On rentre des petits voyages. Il ne reste presque plus rien à prendre. Il y a trop de bateaux. »

Le moral n’est pas meilleur dans les usines. Jean-Philippe Vallée, affecté aux débarquements au quai de Grande-Rivière, se demande combien temps il sera encore au travail. « Les travailleurs de pont travaillent, travaillent, déménagent des trappes, redéménagent des trappes. Au bout de la ligne, ils ne prennent pas de crabes. S’ils ne prennent pas de crabes, ben, il n’y a pas d’ouvrage », commente le travailleur.

Comme si la saison n’était pas assez difficile, la présence du crabe en mutation, interdit à la pêche, se fait déjà sentir. C’est habituellement un signe que la saison achève.