Le Conseil économique des provinces de l'Atlantique (CEPA) affirme que de nombreux projets d'envergure sont en voie de se concrétiser en Atlantique. Bien que les dépenses sur des projets majeurs vont diminuer de 7 % en 2017, selon ses prévisions, le portrait à plus long terme est très reluisant, selon lui.

Le CEPA estime que quelque 400 projets majeurs sont en cours de développement en Atlantique. Les investissements pour ces projets totalisent 132 milliards de dollars. Le CEPA affirme qu'il n'a pas vu ce niveau de dépenses depuis qu'il a commencé à préparer un inventaire annuel des projets majeurs, il y a 34 ans.

L’organisme ne prévoit cependant pas des dépenses égales dans toutes les provinces. La Nouvelle-Écosse est la province où les dépenses seront les plus importantes, notamment en raison de la construction de navires et de l’industrie du gaz naturel liquéfié.

Si toutes les provinces maritimes doivent connaître un déclin des dépenses dans l’industrie de l’énergie, le Nouveau-Brunswick, lui, a des projets d’infrastructure, d’électricité et de transport qui feront bondir les investissements de 2,3 milliards de dollars.

Par ailleurs, les investissements en général sont à leur plus haut niveau au Nouveau-Brunswick depuis 2011 et représentent une hausse de plus de la moitié seulement par rapport à 2014.

« Les dépenses publiques en infrastructures ont stimulé les dépenses en capital au Canada atlantique, jusqu'ici en 2017, et vont continuer de le faire l’année suivante », affirme Patrick Brannon, directeur du CEPA.

Ce dernier s’attend aussi à ce que la prochaine phase d’investissements fédéraux cible des infrastructures axées vers une économie plus verte, le transport efficace et les échanges internationaux. « Se tourner vers le futur et les infrastructures vertes stimulera les dépenses, soutient M. Brannon. Plusieurs projets dans le secteur des énergies renouvelables sont en marche, notamment l’énergie marémotrice, éolienne et hydroélectrique. »

À l’Île-du-Prince-Édouard ce sont surtout des projets dans le secteur du traitement des eaux, de l’infrastructure routière et des parcs nationaux qui stimulent les investissements.

Du côté de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Nouvelle-Écosse, les investissements dans le secteur minier ont été particulièrement importants. Ils totaliseront 250 millions de dollars en 2017.

« Que des prédictions », rappelle un économiste

Yves Bourgeois est économiste à l’Université de Moncton et appelle à un certain réalisme. S’il se fie à l’expérience des dernières années, « on se trompe à peu près la moitié du temps » dans ce genre de prévision des investissements et qu'elles sont basées sur « des facteurs qui ne se sont pas réalisés encore ».

L’économiste a donné l’exemple de l’augmentation de l’activité économique qu’on associe au pipeline Énergie Est, soit un « projet en suspens » à l'heure actuelle.

M. Bourgeois propose également que si la province veut réellement stimuler l’économie à long terme, elle devrait plutôt songer à des moyens de se renouveler. Il déplore que le Nouveau-Brunswick, par exemple, n’ait pas de stratégie pour diversifier ses activités ou encore de « projets de valorisation de [ses] ressources ».

« Une chose est claire, nos besoins en énergie ne vont pas diminuer », fait-il remarquer. C’est pourquoi les provinces auraient tout intérêt selon lui à se tourner vers l’industrie des énergies renouvelables.

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