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De Beers : un récent rapport de surveillance du mercure inquiète Wildlands League

EXCLUSIF - Radio-Canada a obtenu copie d'un récent rapport de surveillance du mercure à la mine de diamants Victor, exploitée par De Beers à Attawapiskat, près de la Baie James.

Il contient les données qui n'apparaissaient pas dans les rapports précédents soumis au gouvernement ontarien, selon Wildlands League.

L'organisme de protection environnementale a récemment entamé une poursuite privée contre De Beers, alléguant que la minière a omis de soumettre des données pour cinq stations d'analyses depuis 2009.

La présence de ces données dans son récent rapport de surveillance du mercure n'enlève rien au bien fondé de la poursuite, affirme la directrice de la planification de la conservation pour Wildlands League, Anna Baggio.

« Ça ne change pas le fait qu'ils (De Beers) ne les ont pas rapportées durant sept ans, ce qui est une infraction à la Loi sur les ressources en eau », dit-elle.

Elle ajoute que ces données révèlent une « tendance inquiétante », d'où l'importance d'assurer le maintien de cette transparence à l'avenir.

Hausse du taux de méthylmercure

Le rapport, daté de juillet 2016, indique qu'une augmentation légère et localisée du taux de méthylmercure a été observée au cours des dernières années dans les ruisseaux Granny, en aval de la mine.

Ces ruisseaux se jettent dans la rivière Nayshkootayaow qui se jette à son tour dans le fleuve Attawapiskat, source d'eau et de poissons pour la Première Nation d'Attawapiskat.

Selon le rapport, cette augmentation du taux de méthylmercure serait fort probablement causée par un rejet de sulfate dans l'environnement provenant de l'amoncellement des roches extraites de la mine.

Dans son rapport, De Beers indique que cet effet a d'abord été observé lors de la construction de la mine Victor en 2006 et 2007.

Pour l'instant, aucune hausse du niveau de mercure ou de méthylmercure n'a été confirmée dans la rivière Nayshkootayaow, selon le rapport.

La minière évalue actuellement différentes méthodes pour limiter le rejet de sulfate dans l'environnement avoisinant la mine, indique le rapport.

Réponse de De Beers

De Beers Canada maintient qu'il est inexact de prétendre que les données sur le mercure n'ont pas été rapportées de manière appropriée durant sept ans.

« Toutes les données de toutes les stations sont recueillies et analysées annuellement par De Beers lorsque nous préparons nos rapports finaux pour le gouvernement », affirme son directeur des affaires commerciales, Tom Ormsby.

Son récent rapport de surveillance du mercure indique que des données additionnelles ont été fournies « en réponse à des commentaires reçus par différents groupes », dont le ministère de l'Environnement et Wildlands League.

De Beers n'a pas voulu commenter les conclusions de ce rapport, en raison de la poursuite privée entamée par Wildlands Leagues.

Dans son communiqué émis à la suite du dépôt de cette poursuite privée, De Beers rappelle que du mercure est présent dans l'environnement depuis bien avant la construction de la mine et que le mercure n'est pas utilisé dans les activités d'exploitation de la mine Victor.

Rencontres entre De Beers et le ministère

De son côté, le ministère de l'Environnement et de l'Action en matière de changement climatique dit avoir, par le passé, fourni des directives à De Beers Canada concernant les exigences en matière de surveillance des activités à la mine Victor.

« En conséquence, des améliorations ont été apportées au processus de déclaration de 2016 », indique Gary S. Wheeler, porte-parole du ministère.

Il ajoute que des rencontres ont été tenues entre le ministère et De Beers pour s'assurer que la minière rencontre toutes les conditions énoncées sur ses certificats d'autorisation et permis.

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