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Dernier droit pour le chantier de la cimenterie de Port-Daniel-Gascons

Le chantier de la cimenterie de Ciment McInnis à Port-Daniel-Gascons fonctionne à plein régime, avec 1300 travailleurs, pour réaliser dans les délais les travaux et lancer la production de ciment comme prévu au printemps prochain. Une cadence qui profite aux commerçants du coin, dans l'une des MRC les plus dévitalisées du Québec.

Sur le chantier de la cimenterie, les travailleurs de la construction travaillent jour et nuit, à raison de trois quarts de travail quotidiens pour respecter les échéanciers. Le nombre de travailleurs a même atteint 1500 en une seule journée plus tôt cet automne.

Ciment McInnis veut toujours livrer sa première cargaison de ciment par bateau sur la côte est américaine à la fin du mois de mars ou au début d’avril.

La direction évalue que 85 % du chantier est complété.

« Il y a certains de nos équipements où la construction est terminée et où on a passé le relais aux opérations. C’est le cas de l’atelier de concassage, c’est le cas de la carrière et des convoyeurs de réception des marchandises », explique la directrice des communications de Ciment McInnis, Maryse Tremblay.

À partir de janvier, cette cadence de production va diminuer jusqu’au début des opérations au printemps.

Le contrôle des heures de travail

Après des dépassements de coûts qui totalisaient entre 400 et 450 millions de dollars en juin dernier, Ciment McInnis assure avoir le contrôle sur les heures travaillées, sans défoncer le budget octroyé. La Caisse de dépôt et placement du Québec et la firme d’investissements américaine Black Rock Alternatives Investors avaient dû injecter, chacune, 125 millions de dollars pour permettre de compléter les travaux, faisant passer le coût du chantier de 1 à 1,5 milliard de dollars.

À partir du moment où on a bouclé notre refinancement, nous on a ce qu’il faut pour terminer le projet, qu’il y ait des heures supplémentaires ou pas.

Maryse Tremblay, directrice des communications, Ciment McInnis

Loin de l’échec de la Gaspésia

Ma perception, c’est que le chantier est sous contrôle. Tant et aussi longtemps qu’on voit des gens sur le chantier, que les entreprises travaillent, surtout que les entreprises sont payées, bien on a aucune raison de penser le contraire.

Nadia Minassian, préfète de la MRC du Rocher-Percé

La ministre québécoise de l’Économie, Dominique Anglade, se dit aussi confiante. « Au niveau des dépassements de coûts, je crois que c’est vraiment derrière nous, on est en mesure de contrôler la situation, de ne pas investir davantage du côté du gouvernement. Et les autres investissements qui ont été faits, notamment par des intérêts américains, démontrent à quel point c’est un projet intéressant pour les exportations », analyse la ministre Anglade.

Viable sous Trump?

Est-ce que la rentabilité de la future cimenterie gaspésienne est en péril, considérant le protectionnisme affiché du nouveau président américain Donald Trump? Surtout que l’essentiel du plan d’affaires de Ciment McInnis repose sur le marché de l’est des États-Unis.

Ciment McInnis n'a pas d'inquiétudes et des ententes sont déjà signées avec des clients américains, assure la direction.

Du côté américain, il n’y a pas d’autonomie quant à l’approvisionnement en ciment, donc ça prend des importations par les États-Unis, donc on n’est pas du tout nerveux.

Maryse Tremblay, directrice des communications, Ciment McInnis

Un chantier payant pour les hôteliers

Par ailleurs, il est pratiquement impossible de louer une maison, un appartement ou de trouver une chambre d’hôtel à proximité de ce chantier qui serait l’un des plus importants dans l’est de l’Amérique du Nord. Même à Chandler, à 30 minutes de route, le principal hôtelier qui offre 86 chambres affiche complet en ce moment.

Pas juste au Motel Chandler, les compétiteurs aussi, ils sont pas mal pleins, je dirais à 95 à 100 % ces temps-ci et pour mon entreprise, depuis le printemps 2016 et jusqu'à aujourd’hui, on a un très bon achalandage.

Maxime Huard, propriétaire du Motel Chandler

Les retombées seront certainement moins importantes après la construction, mais plus stable, estime la préfète de la MRC du Rocher-Percé.

« Le cœur va vraiment être Port-Daniel-Gascons où les fournisseurs de Ciment McInnis vont profiter de la proximité avec le chantier pour s’y établir, mais en terme d’occupation du territoire, l’évaluation, c’est que les gens vont s’installer à environ 20 minutes de leur lieu de travail, alors j’ai l’impression que de Paspébiac jusqu’à Chandler, on va avoir de belles retombées », explique Nadia Minassian.

Le nouvel indice de vitalité économique du ministère québécois des Affaires municipales révélait, mercredi, que la Gaspésie restait l’une des régions les plus pauvres de la province, alors que la majorité de ses municipalités affichaient un taux négatif, selon des données de 2014.

Il y a fort à parier que la cimenterie, avec ses 200 employés, viendra changer la donne pour classer Port-Daniel-Gascons parmi les villes les plus riches de la région.

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