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Des algues d'ici pour fabriquer des sandales en plastique en Chine

Des algues cueillies sur les berges du fleuve Saint-Laurent par une petite entreprise de Saint-Simon-de-Rimouski servent à la production, en Chine, de sandales en bioplastique.

Il y a un an, Pro-Algue marine a décroché un contrat en Chine pour l'exportation d'algues récoltées entre La Pocatière et Sainte-Anne-des-Monts.

Les algues sont récoltées, séchées, réduites en petits copeaux puis expédiées par bateau en Chine.

Le contrat, dont les détails demeurent confidentiels, s'annonce pour être de longue durée, selon les propriétaires de Pro-Algue marine. Il témoigne d'un marché en expansion, non pas localement, mais à l'étranger.

La plante de l'avenir

Si leur contrat avec la Chine existe depuis seulement un an, Carmen Vaillancourt et Jean-Pierre Gagnon récoltent des algues depuis plus de 15 ans.

Jusqu'ici, les algues étaient surtout transformées en granules et en farine pour être utilisées en horticulture ou servir de base à des traitements en thalassothérapie. Avec la recherche et le développement, de nouveaux marchés se sont ouverts comme ceux des bioplastiques, des biocarburants ou de l'alimentation animale.

Le potentiel est tel que même les États-Unis s'y intéressent. Pro-Algue marine travaille d'ailleurs à y dénicher des contrats, notamment pour des bioplastiques, ce qui la mènerait à moderniser ses équipements.

Selon M. Gagnon, une telle modernisation permettrait à son entreprise de récolter et de traiter cinq fois plus d'algues qu'actuellement (de 7 000 à 35 000 tonnes) et de tripler le nombre de ses employés, qui passerait de six à une vingtaine de personnes.

Une ressource réglementée

Pro-Algue marine récolte ses algues sur une trentaine de sites dans 20 municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. La collecte est conditionnelle à l'émission de permis par le gouvernement fédéral. Les algues doivent être coupées à 15 centimètres du sol afin de préserver les racines.

La récolte se fait en alternance, selon un cycle de trois ans, pour permettre aux algues de repousser sur les différents sites de collectes.

Algues et cannabis

Si le Québec et le Canada ne sont pas des leaders mondiaux dans la transformation des algues, ils pourraient innover dans un secteur inattendu : le cannabis.

Les propriétaires de Pro-Algue marine assurent qu'un procédé d'algues liquides est un excellent fertilisant pour la culture du cannabis.