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Des changements à la certification LEED plaisent à l'industrie forestière de l'Ontario

L'industrie forestière de l'Ontario salue un projet pilote aux États-Unis qui vise à faire la promotion du bois légalement extrait auprès de l'industrie de la construction. L'initiative pourrait toutefois sonner le glas, selon plusieurs observateurs, de la certification forestière la plus sévère au Canada, celle du Forest Stewardship Council (FSC).

Un texte d'Isaac Gauthier

L'organisme derrière le projet pilote, le United States Greenbuilding Council (USGBC), défini le bois légal comme une ressource extraite selon les lois du pays d'origine. Selon le USGBC, il existe aux États-Unis l'équivalent de 2,8 milliards de dollars de bois illégalement approvisionné. 

C'est pour cette raison que le USGBC lance son projet pilote Legal Wood, explique l'ingénieur en chef de l'organisme Brendan Owens.

En pratique, cela veut dire que l'organisme ajoute une dimension légale à sa norme de construction verte Leadership in Energy and Environmental Design (LEED). Pour être certifié LEED, du bois d'oeuvre devra dorénavant être légalement extrait de la forêt, en plus de respecter certaines normes environnementales. 

Originalement, seul le bois certifié FSC, qui est souvent considéré par les environnementalistes comme la norme la plus crédible au Canada, pouvait recevoir le précieux sceau LEED.

Le projet pilote ouvre toutefois la porte à un plus grand nombre de sources d'approvisionnement, tel le bois d'oeuvre certifié du Sustainable Forestry Initiative (SFI), du Canadian Standards Association Sustainable Forest Management System (CSA SFM) et du Programme for the Endorsement of Forest Certification (PEFC).

Des certifications équivalentes?

De l'avis du conseiller pour les politiques forestières à l'Association des industries forestières de l'Ontario, cette mesure est une excellente nouvelle pour les producteurs de bois d'oeuvre de la province. 

« 26 millions d'hectares de forêt en Ontario sont certifiés par au moins une de ses trois certifications », explique Ian Dunn. « Cela veut dire un nouvel accès à un très gros marché pour tout ce bois. »

Il ajoute que l'initiative équivaut à un endossement des trois certifications nouvellement ajoutées (SFI, CSA SFM et PEFC). 

Pourtant, l'organisme USGBC insiste que sa norme garantit uniquement la légalité du bois sans endosser « les pratiques en matière de développement durable des organismes de certification », explique l'ingénieur en chef Brendan Owens.

FSC calme le jeu

L'observation de Ian Dunn est partagée par plusieurs observateurs du milieu. Officieusement, plusieurs d'entre-eux croient que le temps où FSC représentait la seule certification environnementale réellement crédible est révolu.

Lorsque contacté à ce sujet, le président de FSC Canada François Dufresne insiste qu'il ne faut pas sauter aux conclusions. 

Selon lui, la certification FSC ne perd pas du terrain au profit des autres. « FSC offre des attributs uniques », explique-t-il, c'est-à-dire le consentement libre et éclairé des Premières Nations et la protection des espèces menacées. 

Deux clauses, souligne-t-il, qui ne sont pas incluses dans les certifications SFI, CSA SFM et PEFC. 

François Dufresne rappelle aussi que le projet pilote Legal Wood ne s'applique pour l'instant qu'aux États-Unis : la filiale canadienne du Greenbuilding Council ne s'est pas encore exprimée en faveur des changements. 

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