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Des chefs autochtones favorables à Trans Mountain

À l'intérieur des terres, loin du littoral que le gouvernement de John Horgan veut défendre à tout prix, des chefs autochtones de Colombie-Britannique envisagent de poursuivre Victoria pour que l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain aille de l'avant.

Un texte de Sébastien Tanguay et Laurence Martin

Pour eux, les premières victimes du conflit entre l'Alberta et sa voisine, ce sont des emplois nécessaires, des revenus longtemps attendus, l'espoir que la prospérité, enfin, s'arrête chez eux.

Ainsi, chaque matin, le chef de la réserve Whispering Pines/Clinton, Michael LeBourdais, côtoie l'oléoduc Trans Mountain.

Enfoui et invisible, le pipeline qui déchire l'Alberta et la Colombie-Britannique serait, ici, presque oublié, si ce n'était des quelques tuyaux qui, parfois, jaillissent d'un champ où des chevaux profitent du pâturage.

Cette communauté autochtone, située près de Kamloops, vit sur de l'or noir.

Elle s'impatiente en attendant l'arrivée des pelles mécaniques de la compagnie texane Kinder Morgan qui permettront de tripler la capacité de cet oléoduc dont l'existence remonte à 1953.

« Mon administration a prévu le développement de la communauté en fonction des revenus que le projet promettait, affirme le chef LeBourdais. Nous avons planifié combien d'enfants nous pourrons scolariser, et à combien d'aînés nous pourrons offrir une retraite méritée. »

Pour le chef LeBourdais, quelqu'un doit payer pour les revenus perdus - 300 000 $ en taxes chaque année.

Si l'impasse perdure au-delà du 31 mai, si l'entreprise abandonne son projet après l'échéance de son ultimatum, les autochtones de Whispering Pines/Clinton songent à mener leur gouvernement en justice.

« Qui sera responsable de nous dédommager pour les taxes que nous avons négociées de bonne foi et que Kinder Morgan a promis de nous verser pour les 20 prochaines années? », se demande le chef.

L'économie et l'environnement : le difficile équilibre

Un récent sondage mené par la firme Angus Reid dresse le portrait d'une Colombie-Britannique déchirée, où 46 % des habitants appuient le projet de Kinder Morgan.

Une division incarnée par la communauté autochtone de Lower Nicola.

Malgré les promesses de prospérité apportées par Kinder Morgan, un déversement sur le littoral aurait des conséquences à très long terme pour cette réserve située à 265 km des côtes.

« Le saumon occupe une place particulière dans notre alimentation, renchérit le chef Sumexheltza. Si une fuite survenait dans l'océan, nous pourrions en payer le prix pendant très, très longtemps. »

Après cinq ans de négociations avec Kinder Morgan, la communauté doit encore se prononcer sur un accord définitif avec l'entreprise.

Pendant ce temps, le gouvernement de John Horgan dit vouloir à tout prix faire entendre la voix des Britanno-Colombiens.

Mais dans sa province déchirée par l'oléoduc qui la traverse, il semble que certaines voix sont plus sonores que d'autres.

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