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Des cinéastes d'Ottawa remettent en question l'entente avec Netflix

Plusieurs questions demeurent sans réponse relativement à l'entente de 500 millions de dollars conclue entre le gouvernement canadien et Netflix. Des producteurs de films locaux s'interrogent sur ce que cette promesse d'investissement signifie pour eux.

La semaine dernière, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a annoncé que la compagnie américaine allait investir un demi-milliard de dollars dans la production de contenu au Canada, en échange d'une exemption de taxer ses clients canadiens.

Certains se demandent notamment si l'entente prévoit que Netflix devra respecter la réglementation sur le contenu créé par des Canadiens, un élément que les cinéastes de la région surveilleront attentivement.

Gabriela Warrior Renaud est une cinéaste installée à Ottawa qui travaille depuis trois ans sur un documentaire sur l'identité culturelle.

« C'était difficile pour moi d'être vraiment excitée à propos de cette nouvelle, parce qu'il reste plusieurs questions auxquelles nous devons répondre, des pièces manquantes », a-t-elle expliqué.

Des bénéfices pour les cinéastes indépendants ?

En entrevue à l'émission All in a Day sur les ondes de CBC, Mme Warrior Renaud a souligné avoir des inquiétudes à propos de l'entente.

« C'est bien de voir qu'il y aura des investissements dans les arts et la culture au Canada, mais il y a définitivement beaucoup d'éléments à résoudre », a-t-elle dit la semaine dernière. « Je ne suis pas certaine que cet argent sera accessible pour les gens comme moi qui font des projets comme les miens. »

Le producteur et directeur de Quiet Revolution Pictures, Michael Dobbin, a quant à lui affirmé qu'il est « assez optimiste » par rapport à cette tentative du gouvernement canadien de réorganiser sa politique culturelle.

« Il semble que le gouvernement canadien met de l'argent dans le Fonds des médias du Canada, ce qui signifie aussi qu'il y aura plus d'argent pour le développement, ce que Netflix ne fait pas », a-t-il mentionné. « Pour les nouveaux talents émergents, il y aura possiblement plus d'argent sur la table pour développer des projets. »

Cette alliance du gouvernement canadien avec Netflix pour réaménager sa stratégie créative à l'ère du numérique arrive après que le géant américain ait annoncé, en juillet dernier, qu'environ 104 millions de personnes étaient abonnées à ses services.

La ministre Joly a précisé sur Twitter que Netflix ne bénéficiera pas des crédits d'impôt réservés aux compagnies canadiennes. Michael Dobbin affirme avoir proposé des films canadiens à Netflix dans le passé.

« Nous obtenons des offres très, très basses, alors souvent, nous n'allons pas de l'avant », a-t-il raconté. Comme plusieurs cinéastes à travers le pays, il surveillera de près cette nouvelle stratégie.

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