Retour

Des commerces indépendants et des milléniaux pour faire revivre le centre-ville

La rue Notre-Dame, dans le vieux Trois-Rivières, a longtemps été délaissée par les commerçants. Elle revit depuis deux ans grâce aux petits indépendants qui en ont fait leur quartier général.

Un texte de Catherine Bouchard

C’est une nouvelle génération d’entrepreneurs qui ont décidé d’y élire domicile. Des millénaux choisissent ces locaux pour les loyers à prix modique, l’esprit d’entraide et la localisation avantageuse.

Lorsque Jean-François Cossette a ouvert avec sa conjointe le marché Notre-Dame, un hybride entre le café et l’épicerie biologique, il y a deux ans, la plupart des Trifluviens estimaient que le projet était voué à l’échec.

« On arrivait avec un concept relativement nouveau pour Trois-Rivières. Nos premiers clients étaient surtout des Européens ou d'ex-Montréalais », souligne M. Cossette.

Lui et sa conjointe ont décidé de se lancer dans l’aventure en achetant l’immeuble où est situé leur commerce. Ils habitent également au-dessus de leur entreprise.

Le dynamisme est tel que le créateur de Shawinigan, Stéphane Giroux, derrière les sacs à main de l’Usine SSG, a décidé d’avoir pignon sur la rue Notre-Dame. Il partagera un atelier-boutique avec Les Malignes, de l'artisane de Trois-Rivières Andreann Thiffault, ainsi qu'avec La Meraki.

« Il n’y a pas d'inconvénients. On est trois. On a chacun nos espaces. On sait ce qu'on a à faire. On divise les coûts. Il y a seulement du bon là-dedans », affirme la créatrice de vêtements de Les Malignes.

Parmi les indépendants notables, Le Temps d’une Pinte a aussi élu domicile sur la rue Notre-Dame en 2013.

Les millénaux pour faire revivre le centre-ville

Pour ces jeunes entrepreneurs, le centre-ville, c’est plus qu’un lieu de travail. C’est un milieu de vie qu’ils veulent contribuer à développer, un petit commerce indépendant à la fois.

« Ce serait le fun d’avoir de plus belles lumières, c’est sombre un peu. Côté décoration, on peut améliorer. Il n’y a pas assez d’arbres », affirme le copropriétaire de Purr Vintage, Alexandre Martin.

Il estime tout de même que c’est une des plus belles rues du centre-ville.

« La vie, ici, c’est agréable. Les bâtiments sont beaux. L’architecture amène un cachet supplémentaire », élabore M. Martin.

Le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de Trois-Rivières, Mathieu Lahaie, estime que ce genre de dynamique fait partie des solutions pour redonner ses lettres de noblesse au centre-ville.

« Ça vaut la peine, parce qu'on est capable de gagner sur les coûts d'opération, mais aussi sur les profits au final. C'est des gens qui sont très informés, qui connaissent la business, qui s'informent sur les autres façons de faire ailleurs dans le monde », croit M. Lahaie.

Pour lui, ces jeunes entrepreneurs millénaux axés sur la collaboration en attirent d’autres. La SDC mise d’ailleurs sur le fait d’attirer des bureaux de jeunes professionnels, des entreprises en démarrage et de nouveaux résidents dans le secteur. Un moyen d'assurer la pérennité à long terme de l’activité commerciale du coeur historique de Trois-Rivières.

Plus d'articles

Commentaires