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Des entrepreneurs de Cap-Chat se disent lésés par la SÉPAQ

Des entrepreneurs et le maire de Cap-Chat n'acceptent pas la décision de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) d'avoir changé l'endroit où se trouve le bureau d'accueil de l'auberge des Chic-Chocs. Ils refusent l'annulation de cette entente et demandent la reprise du processus d'appel d'offres.

Située très loin dans les montagnes de la réserve faunique de Matane, l'auberge de montagne des Chic-chocs est un produit haut de gamme de la SÉPAQ. Depuis 2005, les visiteurs devaient s’arrêter chez Valmont Plein air à Cap-Chat afin de s'inscrire et de prendre le transport pour s’y rendre.

Mais les choses ont changé à la suite du dernier appel d'offres. Le bureau d’accueil se trouve maintenant à Sainte-Anne-des-Monts.

La décision ne satisfait pas le propriétaire de Valmont Plein air, Jérôme Landry, qui louait l'emplacement depuis le début. Selon lui, le processus d'appel d'offres n'a pas été fait en toute transparence.

Il se demande pourquoi seulement trois entreprises ont été invitées à soumissionner au lieu d'ouvrir l'appel d'offres à tous. « Le seul attrait qu'on avait de la SÉPAQ, qui pouvait laisser un peu d'argent dans le village, c'était l'auberge de montagne des Chic-Chocs, puis ils ont décidé de s'en aller à Sainte-Anne-des-Monts », déplore-t-il.

Jérôme Landry rappelle qu’avant, le bureau devait être à moins de cinq kilomètres du pont de la rivière Cap-chat pour assurer des retombées économiques dans la communauté. Cette distance est maintenant de 16 kilomètres.

Le propriétaire du Gîte La maison entre mer et montagne, Dany Vézina, est tout aussi désolé.

Le maire de Cap-Chat, Judes Landry, s’explique mal cette décision lui aussi. « Ils vont faire une trentaine de kilomètres de plus chaque jour avec les clients, soulève-t-il. [Il y a plus de] risques d'accidents, de tempête... »

De son côté, la SÉPAQ défend son choix.

En demandant des soumissions aussi loin que Sainte-Anne-des-Monts, elle s'assurait d’obtenir un meilleur rapport qualité-prix, explique le porte-parole de la SÉPAQ, Simon Boivin.

« La raison pour laquelle l'appel d'offres a été modifié, c'est parce qu'on était limités dans ce qu'on avait comme offre dans un rayon de cinq kilomètres. Comme bons gestionnaires, on avait l'impression qu'on était en mesure d'obtenir plus de compétition, plus de soumissions et que c'était une façon qui permettait d'offrir mieux, autant pour le client que pour l'auberge de montagne et la SÉPAQ », fait-il valoir.

Il mentionne qu’il s’agissait d’un appel d’offres qualitatif sur invitation où il n’y a pas que le prix qui entre en ligne de compte, ce qui explique pourquoi les soumissions n’ont pas été ouvertes devant les soumissionnaires comme dans les appels d’offres publics.

Le montant du contrat ne peut être divulgué.

La société d'État assure toutefois qu'elle continuera de dépenser 45 000 $ par année à Cap-Chat en produits et services auprès d’une dizaine de fournisseurs. Elle emploie 607 personnes en Gaspésie et 637 au Bas-Saint-Laurent.

D’après le reportage de Jean-François Deschênes

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