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Des entreprises de minage de cryptomonnaie s'intéressent à l'Abitibi-Témiscamingue

Radio-Canada a appris que plusieurs entreprises souhaiteraient s'établir en Abitibi-Témiscamingue afin de construire des centres de minage de cryptomonnaie.

Avec les informations de Thomas Deshaies

Le commissaire industriel de Val-d'Or, Jean-Yves Poitras, affirme avoir eu connaissance d'une dizaine d'entreprises qui auraient effectué du repérage dans la région. La Ville d'Amos confirme avoir été sollicitée.

Les centres de minage de cryptomonnaie utilisent une technologie appelée « chaîne de bloc », qui est très énergivore. Le climat plus froid de l'Abitibi-Témiscamingue est donc considéré comme un avantage puisque les entrepreneurs doivent veiller au refroidissement de leurs appareils.

Or, l'arrivée potentielle de ces entreprises dans la région inquiète le commissaire industriel, Jean-Yves Poitras. Ma grande inquiétude, c'est que l'Abitibi-Témiscamingue a quand même une certaine limite quant à sa disponibilité d'énergie, affirme-t-il. De par la période économique que nous connaissons depuis 15 ans, ce volume qui était disponible pour la région, on l'a beaucoup entamé. Donc, il faut qu'on soit assez prudent dans ce qu'on va faire avec ce qui reste.

Peu de retombées économiques

M. Poitras craint que l'arrivée de centre de minage nuise au développement de d'autres projets, notamment dans le secteur mines, qui auraient, selon lui, des retombées beaucoup plus importantes. Il veut éviter que la région doive renoncer à un nouveau projet minier, faute d'électricité. « Présentement, mes craintes, c'est que ça serait difficile de contenter tout le monde (avec l'arrivée de centre de minage) », souligne-t-il.

Une étude de la firme consulting KPMG a récemment conclu que les centres de minage créent peu d'emplois directs, comparativement à d'autres secteurs économiques. Selon cette étude, un centre de minage crée entre 0,4 et 2,3 emplois directs par mégawatt. À titre de comparaison, Hydro-Québec estime que 27 emplois directs sont créés par mégawatt dans le secteur minier.

Hydro-Québec propose un processus de sélection

En quelques mois, Hydro-Québec a reçu plus de 300 demandes, totalisant près de 1 500 mégawatts. C'est vraiment une quantité demandée qui est sans précédent. On a jamais vu une industrie dans les dernières années, demander aussi rapidement, autant d'énergie, souligne le porte-parole d'Hydro-Québec, Jonathan Côté.

C'est pour cette raison que la société d'État a déposé jeudi un processus de sélection à la Régie de l'énergie. Hydro-Québec souhaiterait sélectionner les projets en fonction des retombées économiques potentielles, et du prix proposé par le promoteur pour acheter l'électricité. Un système d'enchère serait donc mis en place.

Le porte-parole d'Hydro-Québec, Jonathan Côté, assure que la société d'État agira de manière responsable lors du processus d'évaluation des projets. Cela fait partie de notre démarche d'avoir une gestion responsable de nos surplus pour être en mesure de répondre à la demande de toutes les industries qui sont porteuses pour le Québec, souligne-t-il.

Hydro-Québec n'est pas en mesure de s'avancer sur la quantité d'électricité disponible pour la région de l'Abitibi-Témiscamingue.

Le maire d'Amos est favorable

Le maire d'Amos, Sébastien D'Astous, se dit quant à lui favorable à l'arrivée des centres de minage. Moi je pense que si Hydro-Québec établit un bon tarif et que la capacité énergétique est là, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas les installer ou les établir chez nous, fait-il savoir.

Puisque le processus de sélection de projets d'Hydro-Québec devra être entériné par la Régie de l'énergie, la société d'État ne peut confirmer à ce jour si des centres de minage pourraient voir le jour sous peu dans la région.

Jonathan Côté explique qu'Hydro-Québec ne pourra refuser en projet, seulement en raison du refus des élus. Si une municipalité voulait bloquer des projets, ce n'est pas via notre processus qu'elle devrait le faire. Si elle à des outils au niveau de sa réglementation municipale par exemple, ça pourrait j'imagine être fait, conclu-t-il.