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Des entreprises du Manitoba s'inquiètent de perdre dans les renégociations de l'ALENA

Des chefs d'entreprises du Manitoba craignent que leurs voix ne soient pas entendues lors des discussions entourant les renégociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Un texte de Denis-Michel Thibeault

Dans une étude menée auprès de 74 entreprises membres de la Chambre de commerce et du World Trade Center de Winnipeg en juillet, le trois quarts des répondants disent profiter des ententes de l'ALENA et craignent de perdre les gains réalisés.

Le président de l’entreprise de production et de transformation de porc HyLife, Claude Vielfaure, fait partie de ce groupe d’entrepreneurs qui surveillera de près ce qui se passera à la table des négociations.

Il souhaite que les frontières restent ouvertes afin de faciliter les échanges entre les trois pays. Il estime qu'une réglementation plus sévère pourrait inciter les entrepreneurs américains à faire affaire localement pour des questions de logistique et monétaire.

Son entreprise exporte environ 25 % de ses produits vers les États-Unis et au Mexique.

Comme lui, 71 % des entrepreneurs manitobains qui ont participé à l’étude importent ou exportent des produits américains ou mexicains.

L'Accord de libre-échange nord-américain qui est entré en vigueur le 1er janvier 1994 a largement profité aux entreprises manitobaines. Depuis sa mise en place, le tiers des entreprises locales interrogées disent que l’accord a eu une importance capitale pour la croissance de leur entreprise.

Un accord qui doit être révisé

Selon Raymond Bisson, vice-président du développement des affaires pour le groupe FWS, « il est évident que l’accord doit être révisé. »

Son entreprise, mais aussi toute l'industrie de la construction pourrait perdre beaucoup. Il explique que l’accord est trop vieux et ne répond plus aux besoins du marché actuel.

Le groupe FWS, lui profite de l'ALENA, en matière d'importations. Au total, 15 % des affaires de son entreprise sont réalisées avec les États-Unis. Si les prix augmentaient, son entreprise ne pourrait plus offrir le même prix compétitif.

Ottawa comprend

Même si Claude Vielfaure se dit préoccupé par la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain, il estime qu'Ottawa comprend la réalité de son industrie.

« Ils ont fait des tables rondes à travers le Canada. Nous nous sommes assis avec eux et nous avons dit nos préoccupations. Je crois qu’ils comprennent nos besoins et qu’ils vont les négocier, affirme l’homme d’affaires. C’est important que l’on conserve des choses comme l’inscription du pays d’origine sur le produit. »

Son propos est partagé par Raymond Bisson. Ce dernier croit que le gouvernement est conscient des enjeux qui touchent l'industrie de la construction.

Il est cependant conscient que l’attitude protectionniste du président américain Donald Trump rendra les négociations difficiles.

« Tout le monde est égal, pas juste les États-Unis qui sont importants pour nous. Le Mexique aussi est très important », affirme Claude Vielfaure qui croit que l’industrie porcine et les Canadiens en général n'y perdront pas trop dans la nouvelle entente.

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