Retour

Des étudiants en croisade pour abolir les intérêts sur les prêts étudiants

La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ) a lancé une campagne en ligne pour demander au gouvernement fédéral d'abolir les intérêts sur des milliards de dollars en prêts étudiants.

Dans une série de publicités Facebook, le groupe, qui représente des milliers d’étudiants, affirme qu’Ottawa ne devrait pas tirer profit des prêts étudiants et devrait emboîter le pas aux cinq provinces qui ont éliminé les frais d’intérêts.

Les publicités, avec le slogan « Not in our interest » ou en français, « pas dans notre intérêt », ciblent les utilisateurs de Facebook âgés de 18 à 30 ans, qui habitent au Canada et qui ont inscrit une institution postsecondaire dans leur profil.

« Il y a une crise d’endettement des étudiants au Canada en ce moment et c’est pour cela que la fédération a lancé cette campagne en ligne », explique le trésorier de la FCÉÉ, Peyton Veitch.

Les diplômés universitaires ont une dette moyenne de 16727 $, alors que ce montant grimpe à 29000 $ pour les étudiants qui obtiennent un doctorat.

En 2015-2016, le programme de prêts d’études canadien a offert 2,7 milliards de dollars en prêts à près de 490 000 étudiants postsecondaires, selon le rapport annuel du programme. Dans la plupart des provinces, lorsqu’un étudiant fait une demande de prêt d’études au niveau provincial, sa demande est également évaluée par le programme de prêts d’études national.

Taux d’intérêt plus élevé que pour une hypothèque

La façon de calculer le taux d’intérêt n’a pas changé depuis l’an 2000 : taux préférentiel plus 2,5 % pour des prêts à taux variable, et taux préférentiel plus 5 % pour des prêts à taux fixe.

Le taux préférentiel, c’est-à-dire le taux d’intérêt que les banques accordent à leurs meilleurs clients, est actuellement de 3,45 % pour la plupart des grandes banques canadiennes. Le taux variable pour un prêt hypothécaire lui est d’environ 2,4 % en ce moment.

« Pourquoi est-ce qu'Ottawa accorde des prêts sans intérêt à des compagnies privées et fait payer aux récents diplômés des taux d’intérêt encore plus élevés que ceux d’une hypothèque moyenne? » demande M. Veitch.

Point de vue d’Ottawa

Il y a eu une hausse du financement pour les bourses, affirme la ministre de l'Emploi, du Développement de la main-d'œuvre et du Travail, Patty Hadju, ce qui veut dire que les étudiants n’ont pas à emprunter autant.

Le gouvernement fédéral a également assoupli les règles de remboursement; les diplômés n’ont pas à rembourser leur dette lorsqu’ils gagnent moins de 25 000 $.

D’après des informations d’Elizabeth Thompson