Retour

Des goûteurs à domicile pour tester de nouveaux produits

La compétition est forte dans le monde de l'alimentation et développer de nouveaux produits n'est pas chose simple. À Québec, un projet pilote permet à des entreprises de faire tester leurs créations directement dans les foyers de « goûteurs à domicile ».

Un texte de Carl Marchand

Les entreprises participantes n'ont qu'à préparer leurs échantillons, les questions qu'elles souhaitent poser aux goûteurs, après quoi des boîtes sont expédiées dans les régions de Québec, Montréal et un peu partout en province.

C'est l'entreprise Gibiers Canabec de Saint-Augustin-de-Desmaures qui est un peu à l'origine du projet. Elle faisait déjà goûter ses produits auprès d'un groupe test et a eu l'idée d'en étendre la portée.

« C'est comme un voyage tout inclus, on a juste le beau bout à faire », résume Sophie Desforges, responsable recherche et développement de l'entreprise.

Auparavant l'entreprise avait recours à un panel de dégustation qu'elle gérait elle-même : de la sélection des participants jusqu'à la réception des commentaires en passant par l'expédition des produits. Des opérations complexes qui sortait de son champ de compétences qui sont maintenant confiées aux firmes InBe et TAQ de Québec.

Les entreprises participantes doivent débourser jusqu'à 3500 dollars pour adhérer au projet. Un montant bien mince par rapport aux dépenses envisageables si elles voulaient faire cavalier seul.

C'est encore bien moins cher que devoir essuyer un échec commercial, renchérit Sophie Desforges.

« Un produit qui ne se vend qu'on doit retirer des tablettes, c'est extrêmement coûteux. »

Au total, 1700 personnes ont manifesté leur intérêt et 220 ont été retenus pour couvrir les différents groupes cibles, selon l'âge, le sexe et les préférences alimentaires.

« C'était une expérience qui était agréable et très simple », résume Émil Grenier, l'un des goûteurs participants.

« Il n'y a aucune présentation de marketing. Ça présente vraiment le produit à nu. C'est ça qui est intéressant », ajoute le jeune homme de 22 ans.

Et les résultats sont probants. Les taux de satisfaction approchent du 100 %, tant chez les goûteurs eut chez les entreprises, indique Sandra Hardy, directrice du développement des affaires, alimentation et nutrition, Québec International. L'organisme chapeaute le projet financé grâce à une subvention du Ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations.

« Ce que les entreprises nous ont dit, c'est que ç'a permis de valider des concepts, ç'a permis de prendre des décisions s'ils allaient plus loin ou pas avec des produits et les résultats qu'ils ont eu », explique Sandra Hardy.

« Elles nous disent que c'était pertinent, que ça avait une valeur ajoutée pour eux et à 98 %, ils referront l'exercice aussi », ajoute-t-elle.

Les entreprises du domaine de l'alimentation de la région de Québec ont jusqu'au 31 janvier pour faire part de leur intérêt pour la prochaine phase de dégustation qui aura lieu en mars.

Avis aux gourmands : les goûteurs sont aussi toujours les bienvenus.