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Des manifestants à Winnipeg dénoncent l’achat du pipeline Trans Mountain

À Winnipeg, comme dans plusieurs villes du pays, des manifestants ont exprimé, lundi, leur opposition à la décision du gouvernement libéral d'acheter le pipeline Trans Mountain pour 4,5 milliards de dollars.

Un texte de Gavin Boutroy

Les manifestants se sont rassemblés devant les bureaux de circonscription des trois députés libéraux :Kevin Lamoureux (Winnipeg-Nord), Robert Falcon Ouellette (Winnipeg-Centre) et Jim Carr (Winnipeg–Centre-Sud), pour donner à chacun une clef USB contenant une pétition signée par environ 200 000 personnes. Elle réclame l’annulation de l'achat du pipeline controversé.

Devant le bureau de M. Carr, accompagné d'une quarantaine de personnes, le manifestant Daniel Roy explique qu'il croit que les jours de l'industrie des énergies fossiles sont comptés.

« Il faut vraiment voir à quel point l’industrie des sables bitumineux est probablement un projet à court terme. On sait à quel point elle est destructive », affirme-t-il, en parlant du pipeline qui sert à acheminer du pétrole d’Edmonton à Burnaby, en Colombie-Britannique.

« Je pense que ce n’est pas le rôle du gouvernement de venir à son secours, quand les [...] grandes compagnies sont celles qui devraient venir à son secours. Évidemment, il n’y en a pas qui sont venues. [...] Si ce n’est pas un projet viable, personne, surtout pas le gouvernement, ne devrait venir au secours », indique-t-il.

Une autre manifestante, Danéa Gauthier, est d’accord, « Moi je suis étudiante en sciences environnementales, je gradue cette année. C’est quelque chose que je tiens proche à mon cœur. J’ai toujours fait partie du côté plus scientifique, mais je crois que c’est important maintenant que je m’implique plus dans la politique ».

Elle dit qu’il n’y a aucune façon de totalement remédier aux dommages environnementaux causés par une marée noire.

Un député au bout du fil

Le député Kevin Lamoureux a accepté de s’entretenir au téléphone avec les manifestants. Ils se sont parlé pendant plus de cinq minutes, et M. Lamoureux a pris le temps de débattre avec eux, arguant que les retombées économiques du projet outrepassent le danger écologique.

Il leur a proposé de tenir une assemblée communautaire à l’avenir, pour discuter des pipelines avec les membres de sa circonscription.

Laura Tyler, porte-parole de Manitoba Energy Justice Coalition, l’un des organismes qui a participé à organiser les manifestations, n’est pas satisfaite de la réponse du député. « Comme beaucoup de politiciens, il a parlé autour de la question », lance-t-elle.

Elle estime quand même que la journée de manifestations a été un succès, « Notre demande a été entendue par [M. Lamoureux]. On veut voir une différente décision, mais aussi c’est une chance d’éduquer le public en plus grand nombre. »

Selon Kinder Morgan, les retombées économiques du projet sont estimées à plusieurs milliards de dollars et des milliers d’emplois seront générés dans l’Ouest.

La construction du pipeline doit permettre de créer 15 000 emplois directs ou indirects, selon une étude du Conference Board du Canada. Une fois les travaux terminés, l’oléoduc devrait permettre de soutenir jusqu’à 37 000 emplois sur une période de 20 ans.

La majorité de ces emplois devraient être indirects, issus des retombées économiques prévues du projet. Selon Ressources naturelles Canada, l’exploitation du pipeline devrait nécessiter l’équivalent de 440 travailleurs à temps plein.