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Des pêcheurs frustrés par le prix offert pour leur homard

L'Association des pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard s'inquiète des prix décevants qu'ils obtiennent pour leur homard. L'Union des pêcheurs des Maritimes dénonce quant à elle la fluctuation des prix, alors que les prises sont stables depuis plusieurs années.

Au début mai, le homard se vendait entre 6,00 $ et 6,50 $ la livre, selon les données hebdomadaires publiées par le gouvernement provincial. Les pêcheurs insulaires affirment que les prix ont depuis baissé et se situent entre 5,50 $ et 6,00 $ la livre. Ils vont jusqu'à dire que les prix au quai sont parfois au niveau de ce qu'ils étaient en 2002.

En mai l'an dernier, le homard se vendait à un certain moment pour 7,50 $ la livre à l’Île-du-Prince-Édouard.

L’Association des pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard (PEIFA) exprime de la frustration et admet son incompréhension, puisque plusieurs facteurs semblent favorables à de meilleurs prix.

La PEIFA souligne ses efforts pour améliorer la qualité du homard débarqué, la diminution des prises réalisées par leurs compétiteurs du Maine, et les bonnes conditions économiques actuelles à l’Île-du-Prince-Édouard.

De plus, l’entrée en vigueur de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (UE) a fait baisser les tarifs pour le homard vivant.

Malgré tout, les prix sont toujours à la baisse.

Emmanuel Moyen, organisateur à l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), déplore une situation qu’il juge malsaine sur les quais. Il dénonce le fait qu’un même acheteur va promettre différents prix à différents pêcheurs, et offrir des primes à certains en échange de leur silence. « C’est comme du chantage », affirme-t-il.

« J’avais un même acheteur cette année avec trois prix différents au même quai », affirme M. Moyen.

Selon lui, une fluctuation des prix pouvait se justifier lorsque l’incertitude persistait quant aux prises, et qu’une saison de pêche pouvait réserver de mauvaises surprises.

Mais la pêche au homard se porte mieux que jamais, et les mesures adoptées ces dernières années ont permis d’assurer une stabilité dans les débarquements, saison après saison.

« Dans quel autre domaine on peut acheter un produit sans donner de prix ? Ou bien jouer avec le prix? » demande Emmanuel Moyen. « C’est complètement ridicule. À part la pêche au homard, moi je n’ai pas vu ça dans d’autres domaines. »

M. Moyen comprend bien la frustration et l’incompréhension des pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard. « Ils ont parfaitement raison de ne pas comprendre et de se poser des questions », lance-t-il.

Invitation au dialogue entre pêcheurs et acheteurs

« On est prêt à travailler avec les transformateurs », dit Emmanuel Moyen. Il les invite au dialogue. Il croit que ceux-ci gagneraient à avoir une meilleure représentation et à parler d’une seule voix.

En ce qui concerne les pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard, le porte-parole de l’UPM leur rappelle que d’augmenter la taille minimale des homards capturés a été à l’avantage de tous ceux qui ont adopté cette façon de faire au cours des dernières années.

« Ceux qui ont augmenté la taille [minimale des prises] plus rapidement que les autres ont récolté les dividendes plus rapidement que les autres », souligne-t-il.

« Première des choses qu’ils ont à faire, eux autres, c’est créer une stabilité », recommande-t-il aux pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard. « Ils ont de la ressource, les débarquements sont quand même bons. Mais il faut qu’ils comprennent qu’augmenter la taille, ça va amener un meilleur produit. »