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Des politiciens à la rescousse des commerçants de la rue Saint-Denis

Le gouvernement Couillard et l'administration Coderre doivent venir en aide aux commerçants de la rue Saint-Denis qui voient leur chiffre d'affaires diminuer en raison de travaux de construction, affirment le député de Québec solidaire Amir Khadir et le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez.

Dans un point de presse tenu lundi matin au café Aux deux Marie en compagnie de la Société de développement commercial (SDC) Pignons rue Saint-Denis et de deux commerçants du quartier, les deux politiciens ont plaidé pour des mesures susceptibles de soulager financièrement les commerçants.

« Aucun commerçant raisonnable ne s'oppose à ce que la rue qu'il occupe soit améliorée, soit embellie », a plaidé M. Khadir. « On comprend que c'est un mal nécessaire. Ça entraîne beaucoup d'inconvénients cependant [...], des inconvénients qui peuvent aller jusqu'à réduire des deux tiers le chiffre d'affaires par la baisse d'achalandage. »

« Donc nous sommes ici non pas pour rouspéter contre ce qui se passe, mais pour demander au gouvernement du Québec de prendre un peu plus ses responsabilités », a-t-il poursuivi, en soulignant que Québec a souvent adopté des mesures particulières pour venir en aide à de grandes entreprises, comme Bombardier ou Rio Tinto Alcan.

M. Khadir propose notamment que Québec accorde aux commerçants un « congé de taxes pour la période pendant laquelle il y a des travaux de construction » ou qu'il adopte une directive pour qu'Hydro-Québec leur accorde « des réductions, sinon simplement de l'électricité gratuite pour passer à travers cette période ».

M. Ferrandez croit pour sa part que l'administration Coderre devrait adopter un règlement « Robin des bois », qui permet de déplacer une partie du fardeau fiscal des petits commerçants vers les plus importants, comme le fait la Ville de Québec. L'opposition, dit-il, réclame cette mesure « à cor et à cri ».

Le chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville demande aussi de faire en sorte que les commerçants paient « une taxe locative plutôt qu'une taxe basée sur la valeur immobilière ». Pour un commerçant de la rue Saint-Denis, « le fait que la taxe soit influencée par la valeur mobilière ne change pas son chiffre d'affaires. Il ne vend pas plus de croissants, il ne vend pas plus de café », soutient-il.

Une politique des baux commerciaux réclamée

Amir Khadir presse en outre le gouvernement Couillard d'adopter une politique de baux commerciaux pour contrer la spéculation immobilière qui sera inévitablement engendrée, selon lui, par l'amélioration de la rue Saint-Denis. Québec a déjà agi de la sorte pour protéger les locataires, rappelle-t-il.

« Des commerçants dévoués à leur commerce, tentant de bâtir une clientèle et un commerce, se voient souvent mis à la rue pratiquement par des prix qui augmentent en flèche, surtout dans le contexte où le quartier est embelli », dénonce-t-il.

M. Ferrandez déplore quant à lui que des propriétaires de la rue Saint-Denis laissent leurs locaux vacants, parfois durant des années. « Ces gens-là ne paient pas leur contribution à la Société de développement commercial, donc le fardeau de la contribution est réparti sur les commerçants qui demeurent ouverts », déplore-t-il.

Des commerçants exaspérés

Selon Caroline Tessier, de la SDC Pignons rue Saint-Denis, les problèmes soulevés par MM. Khadir et Ferrandez répondent à un « cri du coeur qu'on entend chaque jour » de la part de commerçants. La sortie médiatique d'aujourd'hui, dit-elle, ne constitue qu'un « premier pas ».

« Notre volonté à nous, c'est qu'on arrive à des mesures concrètes », affirme Mme Tessier. « Je crois que les commerçants de Saint-Denis méritent amplement ce coup de pouce, peu importe la forme qu'il prendra. Mais le sentiment d'urgence est là. »

« Moi, ce que je déplore, c'est le prix élevé des taxes, qui n'aide pas, l'achalandage qui baisse de jour en jour, parce que les travaux sont de plus en plus gros », soutient la propriétaire du café Aux deux Marie, Amira Doukali. « J'aimerais bien que la Ville fasse un pas pour nous aider à [surmonter] cette période. Avoir de l'aide en fait. »

Mme Doukali déplore en outre que les commerçants ne soient pas toujours avertis de l'évolution des travaux. Elle raconte avoir été forcée de faire réparer sa machine à café en raison de travaux qui ont entraîné une réduction du débit d'eau. Elle affirme également que sa terrasse s'est « un peu affaissée » sous l'effet des travaux.

Son voisin Charles Abitbol, de la boutique Olam, dit en avoir marre des discours qui ne mènent à rien. « Notre problème, concrètement, c'est que nous payons trop de taxes. Il faut régler ce problème une fois pour toutes », résume-t-il.

« Les petits commerçants ne peuvent pas subir ce genre de contraintes. Nous payons des taxes en fonction de nos revenus, et nos revenus ne sont pas là. C'est simple et c'est clair », poursuit-il.

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