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Des producteurs ontariens réclament plus de protection contre les mauvais payeurs

Des producteurs de fruits et légumes de Windsor-Essex, en Ontario, exigent une meilleure protection contre leurs clients américains qui font faillite.

Les acteurs locaux réclament au gouvernement fédéral d'introduire un programme de sécurité financière, semblable à celui dont bénéficient certaines entreprises canadiennes qui travaillent avec les États-Unis.

Ce type de programme permettrait aux producteurs de récupérer leur argent si les clients américains font faillite et ne respectent pas leurs contrats.

Selon le président de l'Association canadienne de la distribution des fruits et légumes, Ron Lemaire, les petits producteurs ne peuvent pas risquer de perdre des ventes et de se faire renvoyer leurs produits.

« Si je suis cultivateur dans Windsor-Essex. J'essaie de payer mes employés et de développer mon entreprise, Si je n'obtiens pas le paiement intégral pour mon produit, je fais faillite », indique-t-il.

À l’heure actuelle, les producteurs ont accès à un programme américain de protection, le Perishable Agriculture Commodities Act, qui permet aux producteurs et acheteurs de cotiser à un fonds de recouvrement. Mais le système est onéreux.

Jim DiMenna, PDG de Red Sun Farms à Kingsville, explique par exemple qu'il a dû récemment mettre 200 000 $ pour récupérer 100 000 $ en cas de faillite d’un de ses clients.

Les producteurs n’ont pas cet argent, souligne aussi Ron Lemaire.

Jusqu'à 2014, les agriculteurs avaient accès au système américain de règlement des différends pour seulement 100 $, un avantage perdu lorsque le Canada a refusé d'harmoniser ses lois sur les faillites avec les États-Unis.

Une demande pressante

D'après lui, un groupe d'agriculteurs en Ontario a récemment perdu 1,4 million de dollars lorsqu'un acheteur de produits aux États-Unis a fait faillite.

La députée fédérale d'Essex, Tracey Ramsey, soutient la demande des agriculteurs et a déposé l'année dernière une motion dans ce sens à la Chambre des Communes. Un appel resté lettre morte.

« Nous en sommes à 22 mois de gouvernement libéral, nous n'avons toujours rien », a-t-elle déclaré.

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