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Des restaurateurs implantent un système de partage des pourboires

Des restaurateurs de Rimouski ont implanté un système de partage des pourboires entre serveurs et cuisiniers pour tenter de faciliter le recrutement de main-d'œuvre. Le restaurant Cuisine et Dépendance vient d'adopter cette formule qui permet aux employés de recevoir le même salaire et de se partager les pourboires de façon égale.

Tous les serveurs et les cuisiniers seront payés le même montant, 13 $ l’heure, soit un peu plus que le salaire minimum en vigueur pour les employés qui ne sont pas à pourboire.

Ce changement vise à mettre fin aux écarts importants qui existent actuellement entre les revenus des serveurs et ceux des cuisiniers. Selon des données de l'Association des restaurateurs du Québec, les cuisiniers gagnent 16 $ l'heure, en moyenne, et les serveurs 27 $ l'heure, en incluant les pourboires.

Le chef et copropriétaire du restaurant Cuisine et Dépendance, Sébastien Gagnon, affirme que ses employés ont adhéré à l'idée à l'unanimité.

Dans le cas de Cuisine et Dépendance, les propriétaires ont calculé que, salaire et pourboire inclus, les employés allaient désormais gagner entre 20 $ et 27 $ l'heure en fonction de l'achalandage.

Pas aussi rare qu’on le croit

Selon l'Association des restaurateurs du Québec, un certain partage des pourboires est en place dans environ 30 % à 40 % des établissements de restauration.

Il s’agit toutefois, le plus souvent, d’un partage entre les employés de la salle à manger comme les hôtesses, les commis, les sommeliers et les personnes qui débarrassent les tables. L'association n'a pas de données précises sur le nombre d'établissements qui font un partage avec les cuisiniers.

À Rimouski, d'autres endroits adhèrent toutefois à cette pratique, comme la coopérative de solidarité Café-Bistro Le Bercail. Elle a adopté le modèle dès son ouverture il y a environ cinq ans.

Mira Paquette-Perreault, chef et membre travailleuse de la coopérative, explique que tous les employés sont payés 12 $, le salaire minimum des employés sans pourboire, et que les pourboires sont partagés de façon égale entre les employés en fonction du nombre d'heures travaillées.

Elle affirme que les employés sont très heureux d’avoir fait ce choix.

Une façon de faire qui, selon Mira Paquette-Perreault, crée une bonne cohésion dans l’équipe et facilite la rétention des employés.

Partager, mais pas sans le consentement des employés

La Loi sur les normes du travail prévoit qu'un employeur n'a pas le droit d'imposer un partage des pourboires et que ce genre de système ne peut être implanté qu'avec le consentement des employés.

Les pourboires sont la propriété des salariés à pourboire et l'employeur ne peut pas intervenir. La transition doit se faire de façon volontaire. Par contre, une fois que ce genre de système est en place, l'employeur peut en faire une condition d'embauche pour les nouveaux employés.

L'Association des restaurateurs du Québec aimerait que les employeurs puissent décider de mettre en place un partage des pourboires unilatéralement. Elle a fait des représentations en ce sens à l'Assemblée nationale. Le vice-président affaires publiques pour l'Association des restaurateurs du Québec, François Meunier, dit cependant qu’il a reçu, jusqu’ici, une fin de non-recevoir.

Il faut dire que le modèle est critiqué par des syndicats, qui affirment que les restaurateurs devraient plutôt penser à augmenter le salaire des cuisiniers s’ils veulent attirer et retenir la main-d’œuvre.

D’après les informations d’Ariane Perron-Langlois