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Des restrictions sur le pétrole pourraient faire obstacle à l'oléoduc Trans Mountain

Le gouvernement de la Colombie-Britannique semble mettre des bâtons dans les roues du pipeline Trans Mountain en proposant de restreindre le transport de bitume dilué en provenance de l'Alberta.

Un texte de Charlotte Dumoulin

Cette restriction serait en vigueur tant que la province n'a pas fini d'étudier les moyens à sa disposition pour réduire les risques pour l'environnement en cas de fuite.

Un comité d’experts indépendant qui se penchera sur l'analyse des risques fera des recommandations au ministre de l’Environnement, George Heyman.

La province veut s'assurer que les compagnies pétrolières transportant du bitume en Colombie-Britannique respectent cinq critères en cas de déversement :

  1. Un temps de réponse rapide
  2. Des ressources pour assurer une intervention immédiate
  3. Des compensations pour les pertes environnementales et publiques
  4. L'optimisation des règles lors de déversement
  5. Des restrictions à l'augmentation du transport de pétrole jusqu’à ce que les risques de déversement soient réduits

« Nous ne pensons pas qu’il y aura de déversement. Mais, s’il y a un risque potentiel que des matières polluantes se retrouvent dans l’environnement, nous voulons nous assurer que les responsables seront préparés », explique le ministre de l'Environnement dans un communiqué.

Le comité d'experts devra aussi déterminer si le bitume dilué peut être nettoyé efficacement en cas de déversement et quelle est la meilleure façon de le faire.

Le ministre de l'Environnement, George Heyman, assure que l'annonce ne vise pas directement Kinder Morgan, mais simplement le bitume et ses risques sur l'environnement.

Toutefois, en août 2017, le nouveau gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique avait annoncé qu'il utiliserait « tous les moyens à sa disposition pour empêcher la construction de l'oléoduc » Trans Mountain. Le projet, qui a reçu le feu vert des instances fédérales, vise à tripler la capacité d'un pipeline existant entre l'Alberta et Burnaby, dans le Grand Vancouver.

Dénonciation de Rachel Notley

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, qualifie d'irréfléchie la décision de la Colombie-Britannique.

« Ce jeu peut avoir de sérieuses conséquences pour les emplois de milliers de Canadiens », poursuit Rachel Notley.

De son côté, Greenpeace, un organisme de défense de l'environnement, salue cette initiative des néo-démocrates : « L’annonce d’aujourd’hui représente un coup dur pour Kinder Morgan. [...] L’eau et le bitume ne se mélangent pas, et lorsque le panel scientifique tirera les mêmes conclusions, Kinder Morgan se retrouvera avec un pipeline dont il ne saura se servir. »