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Des sentiments partagés dans le Nord de l'Ontario sur l'annulation d'Énergie Est

Si les villes se disent déçues de la fin du projet d'oléoduc, des groupes de citoyens qui s'y opposaient ont célébré leur victoire jeudi.

Un texte de Caroline Bourdua et de Benjamin Aubé

La ville de Greenstone, dans le Nord-Ouest de l'Ontario misait sur la construction de l'oléoduc pour garnir ses coffres.

Son maire, Rénald Beaulieu estime à des centaines de milliers de dollars les sommes qui lui échapperont.

« Ça nous donnait des revenus de taxes municipales à cause des bâtisses qu’ils allaient construire, dit M. Beaulieu. Il y a aussi des emplois temporaires pendant la construction, mais ensuite quelques emplois permanents. »

TransCanada est déjà présente dans le paysage, a indiqué le maire Beaulieu

Selon ce qui était proposé, le gazoduc existant le long de la route 11, jusqu’à North Bay, aurait été transformé en oléoduc pour y faire passer le pétrole brut.

« Moi je pense qu’un projet comme ça était là pour rassurer et donner une valeur rajoutée au Nord de l’Ontario », dit le maire de Hearst Roger Sigouin, qui partage la déception.

Réactions partagées à North Bay

Pendant plus de quatre ans, le groupe « Arrêtons Énergie Est North Bay » était au nombre de ceux qui ont lutté avec acharnement contre le projet d’oléoduc.

« L’oléoduc serait passé directement sous Trout Lake. Plusieurs autres cours d’eau dans des villes du Nord ontarien comme Temagami, New Liskeard et Dryden étaient aussi menacés. C’est vraiment le résultat que le groupe espérait », a indiqué jeudi le porte-parole du groupe, Marc Tessier.

Il ajoute qu'il pourrait maintenant tourner son attention vers le projet Keystone XL de TransCanada, qui transporterait du pétrole albertain jusqu’au Nebraska aux États-Unis.

« Ce que cela prouve, c’est que le processus de réglementation au Canada est trop rigoureux. Après tant d’années de frustration, je crois que la compagnie a simplement conclu qu’elle ne pouvait plus continuer dépenser de l’argent dans ce projet qui aurait aidé le Canada à devenir autosuffisant », a indiqué le président de la Chambre de commerce de North Bay Peter Chirico.

La Chambre de commerce de l’Ontario estime que l’oléoduc aurait rapporté 4,2 G$ de dollars en retombée économique sur plusieurs années, dont 50 M$ en impôts fonciers dans la province, surtout pour les villes du Nord dont chaque dollar investi est vital pour l’économie.

« C’est une perte de 4000 emplois potentiels », indique le vice-président des relations gouvernementales de la Chambre de commerce de l’Ontario Karl Baldauff.

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