Retour

Des tarifs douaniers imposés au secteur automobile seraient « catastrophiques » pour le Canada

La menace du gouvernement américain d'imposer des obstacles tarifaires sur tous les véhicules fabriqués au Canada, si elle devait être mise à exécution, serait « catastrophique » pour l'économie du pays, soutient l'Association des concessionnaires automobiles du Canada. Les conséquences seraient encore plus graves si le gouvernement Trudeau surenchérissait comme il l'a fait pour l'acier et l'aluminium.

Des tarifs douaniers dans le secteur automobile pourraient coûter 100 000 emplois au pays et augmenter de 9000 $ le prix d’une nouvelle voiture, si le Canada riposte.

Le président américain Donald Trump jongle actuellement avec l’idée d’imposer des droits de douane de 25 % sur les voitures et de 10 % sur les pièces automobiles.

« Cette situation serait catastrophique non seulement pour l’industrie automobile canadienne, mais aussi pour l’économie dans son ensemble », a déclaré l'économiste en chef de l’Association des concessionnaires, Michael Hatch, lors d’une conférence de presse, vendredi à Ottawa.

Plus de 100 000 emplois menacés

Le groupe, qui représente 3200 concessionnaires automobiles et de camions canadiens, affirme que plus de 100 000 emplois dans le secteur de la fabrication seraient menacés de façon immédiate si des tarifs douaniers étaient imposés.

D’autres rapports récents de banques ont tiré des conclusions semblables.

L’analyse de M. Hatch suggère que l’Ontario en ressentirait les effets plus que n’importe quelle autre province, puisqu’elle concentre la plus grande part de l’industrie de la fabrication d’automobiles et de pièces au Canada.

L’Association des concessionnaires estime que si le Canada applique des tarifs semblables à ceux des États-Unis - tout comme il le fait pour les métaux - le prix moyen d’une voiture augmentera d'entre 5000 $ et 9000 $, selon la marque et le modèle. En moyenne, une voiture neuve coûterait ainsi 40 000 $.

« Les impacts sur l’industrie des deux côtés de la frontière seront importants, mais au final, c’est le consommateur américain qui paiera de loin le plus gros prix si des tarifs douaniers sont imposés », a déclaré M. Hatch. « Ces chiffres ne sont pas alarmistes, ils représentent la réalité à laquelle nous sommes confrontés », a-t-il ajouté.

Les concessionnaires automobiles emploient 156 000 Canadiens, affirme l’Association, et 30 000 de ces emplois pourraient être menacés immédiatement si des tarifs douaniers étaient appliqués.

Le groupe exhorte les législateurs à faire tout ce qu’ils peuvent pour éviter ce scénario, en travaillant à l’obtention d’un nouvel Accord de libre-échange nord américain (ALENA).

Mais si le pire se produit, l’association recommande trois mesures que le gouvernement fédéral devrait prendre pour minimiser les dommages : réduire les taxes de vente sur les véhicules neufs pour compenser les tarifs douaniers, mettre en œuvre un programme de type « argent contre primes » qui encouragerait les propriétaires à échanger leurs vieux véhicules et réformer l’impôt des particuliers et des sociétés pour améliorer la compétitivité du Canada.