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Des véhicules récréatifs tout neufs, mais de piètre qualité

Les caravaniers paient souvent très cher leur véhicule récréatif, et ils s'attendent à ce qu'il soit bien construit. Infiltrations d'eau, pièces défectueuses ou mal posées; de nombreux acheteurs ont cependant d'innombrables problèmes avec leur véhicule neuf.

Un texte de Benoît Giasson à La facture

Serge Robert, de Fortierville, a payé 34 000 $ sa roulotte l'an passé. Depuis, il a découvert plus d'une vingtaine de défauts dans son VR. « Dans la salle de bain, j'ai un joint dans la douche qui n'est pas fait, et l'eau s'infiltre », déplore le caravanier.

Le pire pour lui, c'est son réservoir d'eau potable qui fuit lorsque le véhicule est en mouvement. Il a aussi eu des infiltrations d'eau dans certains coffres extérieurs.

Nous sommes allés avec une caméra cachée chez son concessionnaire. Un responsable du service après-vente a avoué qu'il y a un problème généralisé dans l'industrie : « Tous les manufacturiers, c'est comme ça. »

Il dit que les acheteurs doivent tous retourner une fois ou deux chez le concessionnaire pour des réparations et des réglages.

Avec cet enregistrement en main, nous avons parlé à la responsable du marketing et des ventes du concessionnaire, qui affirme qu'il n'y a pas de « problème généralisé » quant à la qualité de la construction.

Les infiltrations d'eau, « le plus gros fléau »

Pour Billy Girard, réparateur spécialisé en véhicules récréatifs, la situation est critique. « Le plus gros fléau des VR, c'est les infiltrations d'eau », explique le propriétaire de l'entreprise VR Médic. Il constate que la qualité des pièces diminue.

Le rédacteur en chef de la revue Camping Caravaning estime lui aussi que la qualité de la construction des RV se détériore. Paul Laquerre l'explique par des changements survenus depuis la crise économique de 2009 : « On a rétréci l'épaisseur des murs, utilisé des matériaux moins résistants. »

Paul Laquerre ajoute que certains employés travaillent trop vite. Dans certaines usines qu'il a visitées, les employés ont des cibles quotidiennes à atteindre. Dès qu'ils terminent le nombre d'unités à construire, ils peuvent rentrer chez eux. « On a une incitation à tourner les coins ronds », dit-il.

L'industrie doit s'améliorer, selon Keystone

Le président de Keystone, un des plus gros manufacturiers de VR du monde, admet que ce système de cibles de production cause parfois des problèmes. Jeff Runels explique que, lorsque trop d'erreurs sont détectées, il doit revoir les cibles et « ralentir le processus ».

Jeff Runels soutient que le contrôle de qualité est exemplaire à Keystone et que celui-ci permet de déceler la plupart des défauts. Il assure aussi que les pièces utilisées sont solides. Il convient toutefois qu'il y a des problèmes, et que l'industrie doit s'améliorer.

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