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Desjardins ferme des points de service en Matanie

Desjardins va fermer ses points de service de Saint-Adelme et de Saint-René dans la région de Matane. La décision sera effective le 9 mars. Celui de Sainte-Félicité subira le même sort cet automne et la présence d'un comptoir à Saint-Ulric semble pour le moins incertaine à moyen terme.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

Selon la direction de la Caisse, seulement 3 % des clients de Desjardins utilisaient les services au comptoir. Le nombre de transactions chute d'année en année pour s'établir à environ 1100 à Saint-Adelme et à Saint-René. Le directeur de la Caisse de La Matanie, Denis Girard, affirme qu'il préfère mettre l'argent des membres dans des projets plutôt que de maintenir des comptoirs de moins en moins utilisés.

Il précise même qu'Alphonse Desjardins, le fondateur du mouvement, a ouvert des caisses, mais qu'il a déjà fermé des caisses non rentables.

Mis devant le fait accompli?

La fermeture de ces points de service est dans l'air depuis au moins deux ans. Le maire de Saint-Adelme, Jean-Roland Lebrun, est même au courant depuis trois mois de la décision de fermer le 9 mars.

Les membres de Desjardins des deux municipalités étaient invités à assister à une « rencontre d'information sur l'évolution du réseau de distribution de la Caisse Desjardins de La Matanie ». Le libellé de l'invitation n'évoquait nulle part la fermeture. M. Girard estime que la Caisse a été transparente.

« Les gens sont intelligents, ils voient ce qui se passe partout au Québec. Nos employés leur ont aussi remis un avis sur papier lors de leur visite », ajoute le directeur de la Caisse.

Jean-Roland Lebrun dit comprendre la décision, dans le contexte. Il avoue cependant que perdre une caisse constitue un symbole fort pour un village.

Saint-Ulric, la prochaine fermeture?

Desjardins a déjà annoncé que le comptoir de Sainte-Félicité allait fermer à l'automne. Un guichet automatique demeurera cependant sur place.

Ne resteront, en plus des deux points de service de Matane, que Saint-Ulric et Les Méchins. Si l'inquiétude semble moindre aux Méchins, à Saint-Ulric, le maire demande à la population de se préparer. Il affirme que le comptoir de sa municipalité est dans la mire de Desjardins.

« Ils ont publié des chiffres, mais on peut leur faire dire ce qu'on veut », dit Pierre Lagacé qui rappelle que la Caisse de Saint-Ulric, ouverte il y a 125 ans, fût l'une des premières de la région.

« Ici, tout le monde se pose des questions avec toutes les fermetures qui se passent autour. »

Le directeur de la Caisse de La Matanie demeure d'ailleurs flou concernant l'avenir du point de service ulricois.

Le directeur de la Caisse précise que des mesures de transition et d'accompagnement seront mises de l'avant pour les membres. Elles impliquent la collaboration des marchands locaux.

La Caisse de La Matanie compte 20 000 membres.