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Desjardins : Leroux répond aux critiques de Claude Béland et des médias

Alors qu'elle quitte la direction de Desjardins après un règne de huit ans, Monique F. Leroux publie un livre sur ses années à la tête de l'institution financière : Ma vie en mouvement, l'histoire de la première femme à la tête du Mouvement Desjardins, aux Éditions Transcontinental. 

Gérald Fillion

Un texte de Gérald Fillion

Elle revient sur les différents « mouvements » de ses années chez Desjardins, allusion aux rythmes de la musique, qui la passionne depuis toujours. L'essentiel du livre porte sur ses réflexions, les personnes qui ont marqué sa vie et ses accomplissements à la direction de Desjardins. L'ouvrage se termine d'ailleurs sur la liste des « prix et distinctions » qui lui ont été attribués et sur une quarantaine de photos personnelles et professionnelles.

Si elle salue quantité de collaborateurs ainsi que les anciens PDG Alban D'Amours et Rosario Tremblay, elle s'en prend en revanche à Claude Béland, qui a dirigé le Mouvement Desjardins de 1987 à 2000 et qui a, à plusieurs reprises, formulé des critiques sur les orientations données à Desjardins par Monique F. Leroux, la direction de l'entreprise et son conseil d'administration.

Sous son règne, Monique F. Leroux affirme que la « performance [de l'institution] a été plus que satisfisante ». Mais, de l'avis de la PDG sortante, « ces succès en ont dérangé plusieurs, qui se demandaient si la performance peut aller de pair avec la coopération. Claude Béland, ex-président du Mouvement, a notamment exprimé des critiques bien senties; certains de ses commentaires publics portaient aussi sur les dirigeants des caisses et leur engagement réel à servir les membres », affirme Monique F. Leroux.

Elle poursuit : « Nous avons invité monsieur Béland à en discuter avec les instances de Desjardins. Il a préféré poursuivre ses interventions à travers les médias, ce qui a déçu de nombreux dirigeants, y compris certains avec qui il a travaillé. Pour plusieurs, cette attitude était contraire à l'esprit coopératif, qui met de l'avant le dialogue constructif entre les parties prenantes de la coopérative. »

Face à ces critiques, elle affirme qu'elle a « toujours été sereine » et que toutes les décisions qui ont été prises pour le réseau et le Mouvement Desjardins « ont fait l'objet de discussions collectives. » Monique F. Leroux écrit que « cela n'a pas toujours été facile, car la pression pour maintenir le statu quo est toujours importante, tant chez Desjardins que dans la société. »

La femme d'affaires s'en prend aussi aux médias, sans préciser lesquels. En septembre 2015, au moment du congrès d'orientation de Desjardins, « certains médias avaient dressé la table avant nous, écrit Monique F. Leroux. [...] Apprenant que nous allions réfléchir à la façon de favoriser l'autogénération du capital nécessaire à la croissance de nos activités, ils avaient usé de raccourcis et de gros titres, annonçant la fin potentielle des ristournes aux membres. Ce n'était pas le cas, et il importait de l'expliquer. Cela dit, ajoute la PDG sortante, j'ai aussi réalisé que nos délégués comprenaient très bien le "jeu médiatique". »

Enfin, Monique F. Leroux se dit « fière du travail accompli » et affirme que « la solidité financière du Mouvement a toujours été au coeur de [son] action. » Elle ajoute qu'elle souhaite consacrer dorénavant ses énergies à sa famille, à des conseils d'administration d'entreprises, à du mentorat, à du coaching et à l'enseignement supérieur, en plus de diriger l'Alliance coopérative internationale.

Les droits d'auteurs, y compris ceux de Benoit Gignac qui a travaillé sur le livre avec Monique F. Leroux, seront versés à la Fondation Desjardins, qui donne des bourses à des étudiants notamment.

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