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Deux fois plus de puits de pétrole et de gaz naturels abandonnés en 2016 en Alberta

L'inventaire de l'association des puits abandonnés de l'Alberta a doublé au cours de la dernière année, signe des difficultés économiques qu'a connues l'industrie pétrolière et gazière en 2016 dans la province.

Un texte de Nicolas Pelletier

Lorsque les puits de pétrole et de gaz naturel arrivent à la fin de leur vie active, il est de la responsabilité des exploitants de retourner le terrain à son état naturel : c’est ce que l’industrie désigne, dans son jargon, un abandon. En réalité, l'abandon est le processus par lequel on ferme un puits qui est arrivé à la fin de sa vie.

Cette année, 1395 installations seront prises en charge par l’association des puits orphelins de l’Alberta, principalement à cause des nombreuses faillites d’entreprises, selon l’association canadienne des producteurs pétroliers. L'an dernier, ce chiffre s'élevait à 765.

« Les bas prix des produits de base ont fait en sorte que 2016 a été une année difficile, et cela se répercute sur les activités de forage dans la province », explique le vice-président de l'association canadienne des producteurs pétroliers, Nick Schultz.

Il ajoute cependant que l’inventaire de l’association des puits abandonnés n’est pas, à lui seul, représentatif de l’état de l’industrie, car « la vaste majorité des puits sont entre les mains d’entreprises en relativement bonne santé financière ».

Le fardeau aux contribuables

L’association des puits orphelins, un organisme financé par l’industrie, est en quelque sorte le dernier filet de sûreté afin qu’aucun puits abandonné ne soit délaissé et ne représente un danger pour l’environnement.

Au mois de juin, son budget était passé de 15 à 30 millions de dollars, car l’industrie avait anticipé davantage d’abandons et de demandes de réclamations qui les accompagnent.

En effet, si un exploitant n’est pas en mesure de terminer le processus d’abandon tel que l’exige la loi, les propriétaires du terrain touchent une compensation financière en attendant que leur lot soit retourné à son état naturel.

Cette rente est assurée par les contribuables par le truchement de l’Alberta Surface Rights Board, qui règle les conflits entre les entreprises qui exploitent les puits et les propriétaires des terrains.

La réclamation moyenne pour un puits coûte entre 2500 $ et 3000 $ au gouvernement.

Si 2016 a été l’année où il s’est foré le moins de puits depuis 1977, l’association canadienne des producteurs pétroliers prévoit qu’il y aura un regain des activités de forage en 2017.

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