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Deux Québécois accusés de fraude à la cryptomonnaie aux États-Unis

L'autorité américaine des marchés financiers accuse un résident de Québec et sa conjointe d'avoir escroqué des milliers d'investisseurs d'une somme totale de 15 millions de dollars en leur vendant frauduleusement une monnaie virtuelle.

Les arguments de la Securities and Exchange Commission (SEC) contre Dominic Lacroix, sa compagnie, PlexCorps, et sa conjointe, Sabrina Paradis-Royer, sont étalés dans un document de 35 pages déposé lundi en cour fédérale, à Brooklyn, dans l’État de New York.

On peut y lire que Lacroix et PlexCorps ont fait la promotion et vendu sur Internet leur cryptomonnaie, baptisée PlexCoin, en promettant faussement que les investisseurs engrangeraient un profit de 1354 % en 29 jours.

La SEC demande le remboursement des sommes subtilisées, en plus des dommages et des intérêts, ainsi que des pénalités. Elle réclame aussi des interdictions visant à empêcher M. Lacroix et Mme Paradis-Royer de faire de nouvelles offres du genre.

Dans un communiqué publié lundi matin, l’organisme américain de réglementation indique en outre qu’il a obtenu une ordonnance d’urgence du tribunal pour obtenir les gels des actifs de M. Lacroix, de sa conjointe et de PlexCorps.

« Nous avons agi rapidement pour protéger de petits investisseurs des fausses promesses de cette collecte de fonds en cryptomonnaie », a expliqué dans un communiqué Robert Cohen, chef de la Cyber Unit, l’unité de la SEC responsable de ces enquêtes. Il s’agit d’ailleurs du premier dossier judiciarisé par cette unité.

L'aide de l'AMF appréciée

La SEC souligne dans son communiqué qu’elle apprécie l’aide que lui a offerte l’Autorité des marchés financiers du Québec. Elle présente d’ailleurs M. Lacroix comme un « récidiviste », en soulignant ses démêlés avec la justice québécoise.

M. Lacroix a été déclaré coupable d’outrage au tribunal le 17 octobre par le juge Marc Lesage, de la Cour supérieure, après qu’il eut défié une ordonnance du tribunal administratif des marchés financiers l’exhortant à fermer les sites proposant le PlexCoin.

L'AMF avait alors fait valoir que la mise en circulation de la cryptomonnaie avait permis à Lacroix et son entreprise d'encaisser plus de 11 millions de dollars.

Lors des observations sur la peine, le 14 novembre, l’AMF a réclamé six mois de prison et une amende de 10 000 $ à titre personnel pour Dominic Lacroix. Elle a aussi demandé une amende de 100 000 $ pour une compagnie qu’il dirige à Québec.

L’avocate de l’AMF avait alors indiqué qu’entre 7 et 8 millions de dollars investis dans le PlexCoin n’avaient toujours pas été retrouvés. Un enquêteur avait indiqué que d’importants montants avaient transité dans les comptes bancaires de Mme Paradis-Royer.

L’avocat de M. Lacroix, Jean-François Hudon, a plutôt réclamé un sursis de sentence pour son client, une amende personnelle de 2500 $ et une amende de 10 000 $ pour son entreprise.

En attendant de rendre sa décision, le juge Lesage a refusé d’ordonner l’incarcération de M. Lacroix, comme le demandait l’AMF.

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