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Deux restaurants ferment leurs portes à Gatineau

Les restaurants Giorgio et Steak Frites Saint-Paul ont servi leurs derniers repas cette fin de semaine dans le secteur Gatineau, moins de trois ans après leur ouverture.

Les deux restaurants appartenaient au même groupe de propriétaires et l'aventure s'est rapidement transformée en cauchemar pour les entrepreneurs gatinois.

L'un des copropriétaires, Pierre Samson, explique que depuis juin 2016, les franchisés n'ont plus de services de la maison mère, qui doit leur fournir des produits comme les sauces, les recettes et les instructions.

En octobre, ils ont appris dans les médias que le franchiseur s'apprêtait à fermer son siège social, en raison d'une faillite. M. Samson soutient que cela a nui à la réputation des restaurants et que les clients ont délaissé ses commerces.

Dans les derniers mois, les franchisés ont tenté de se regrouper pour reprendre les choses en main, mais l'entreprise a été vendue à l'entreprise ontarienne MTY.

« C'était une très belle expérience, mais c'est un monde malade. Ça va finir par éclater tous les franchiseurs et les franchisés, ce n'est pas un monde dans lequel je voudrais rembarquer », a déclaré M. Samson.

En près de trois ans d'activités, les deux restaurants Giorgio n'ont jamais été en mesure de faire des profits, et ce, en dépit d'avoir eu un chiffre d'affaires annuel de 1,4 million de dollars.

Or, les prix du loyer sont constamment revus à la hausse. Et comme à l'épicerie, les produits ne coûtent pas toujours la même chose, d'une semaine à l'autre. Par moment, les restaurateurs sont déficitaires en servant certains produits sur leur menu.

« Ça prend quelqu'un qui est prêt à mettre l'effort et à travailler pour moins qu'un salaire minimum, être sur place et travailler sans arrêt. C'est à peu près ça la restauration, malheureusement. Mais, il y en a qui peuvent le faire, il y en a qui ont encore le goût », a expliqué M. Samson.

Il est donc difficile pour les restaurateurs de se lancer en affaires à Gatineau. Les heures sont longues, les marges de profits sont minces. Il est également ardu d'obtenir du financement pour une industrie aussi fragile que la restauration.

À la Chambre de commerce de Gatineau, le président Jean-Claude Des Rosiers rappelle qu'aller au restaurant demeure un luxe que certains contribuables ne peuvent pas se payer.

« Dans le secteur où on parle de Steak Frites et de Giorgio, c'est un secteur qui a toujours eu son lot de difficultés au niveau de la restauration. On se questionne toujours pourquoi il y en a toujours qui reprennent, comme s'il y avait une recette miracle par rapport au précédent », a expliqué M. Des Rosiers.

D'après le reportage de Kim Vallière

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