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Développements dans le Cercle de feu : des compagnies minières s'impatientent

Cela fait dix ans cette année que les premiers gisements majeurs du Cercle de feu ont été réclamés au beau milieu des territoires ancestraux des Autochtones de la Première Nation Nishnawbe Aski, mais les compagnies minières attendent toujours de pouvoir se mettre au travail.

Un texte de Sophie Houle-Drapeau

Dans cette région isolée à 500 km au nord de Thunder Bay, les compagnies minières ont découvert du cuivre, du nickel, mais aussi ce qui semble être le plus important gisement mondial de chromite, un métal utilisé pour produire de l'acier inoxydable.

Pourtant, les compagnies minières qui investissent dans le Cercle de feu sont encore loin d’avoir atteint leurs objectifs. L'appui politique et social est plus difficile à obtenir selon des dirigeants de ces entreprises.

Le Cercle de feu se trouve dans une région vierge de toute industrie et c'est notamment ce qui complique le développement du projet selon le vice-président à la prospection et au développement de KWG Ressources, Maurice Lavigne.

Le souci de l'environnement

Les évaluations environnementales que demandent les gouvernements et les populations locales se sont aussi multipliées, soutient-il.

Maurice Lavigne qui travaille dans l’industrie minière depuis plus de 40 ans explique qu'avant les années 1980 de telles évaluations étaient très rares.

Il raconte qu'un projet pouvait facilement se développer en quelques années, car l'appui des gouvernements était souvent inconditionnel et ces derniers faisaient tout pour aider.

La pression des groupes de défense de l’environnement et le souci de l'environnement grandissant chez les électeurs rendent l'appui au projet plus complexe.

De nos jours, tous les projets miniers prennent plus de temps qu’avant.

Maurice Lavigne, vice-président à la prospection et au développement, KWG Ressources

KWG Ressources en est encore à l'étape de trouver du financement pour la construction du chemin de fer dont elle a besoin pour exploiter ses gisements.

Un long processus

Par la suite, Maurice Lavigne s'attend à devoir soumettre le projet à une évaluation environnementale et à devoir négocier avec les Premières Nations ce qui pourrait ajouter encore des années. Tout ça, sans compter sur la construction des mines elles-mêmes.

Ce long processus est difficile sur le plan financier pour la compagnie. Maurice Lavigne explique que les actionnaires ont l'habitude de projets qui se réalisent en quelques années. Il demeure toutefois convaincu que le jeu en vaudra la chandelle.

Le président de Noront Resources, Allan Couts croit lui aussi que le projet finira par être lucratif, mais déplore la lenteur du développement.

Négocier avec les Premières Nations

Allan Coutts explique que ce qui n'était au départ qu'une discussion au sujet des ressources est vite devenue une discussion beaucoup plus large sur les droits constitutionnels des communautés autochtones.

Ces sujets doivent définitivement être discutés et vont fondamentalement changer la façon dont les Canadiens travaillent et vivent avec les Premières Nations. Mais [le Cercle de feu] est-ce la bonne table?

Allan Coutts, président de Noront Resources

Allan Coutts souhaite que le développement économique soit pris à part de ces autres enjeux.

Noront Resources est en discussion avec différentes Premières Nations ainsi qu'avec le gouvernement provincial au sujet de la construction d'une route vers le Cercle de feu pour laquelle les libéraux ont promis un milliard de dollars.

Il ne s'agit pas seulement de construire une route vers un site minier. C'est aussi une façon d'ouvrir le Nord.

Michael Gravelle, ministre du Développement du Nord et des Mines

Le ministre du Développement du Nord et des Mines, Michael Gravelle reconnait l'importance de cette route et comprend que les compagnies minières s'impatientent, mais il rappelle l'engagement de son gouvernement envers les Premières Nations. Leur appui est vital au projet, indique-t-il.

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