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Dix ans de saga autour d’un stationnement prennent fin à Windsor

En dépit d'une dernière ronde de plaidoiries émotives, le conseil municipal a entériné une dépense de 723 500 $ pour convertir des commerces en places de stationnement additionnelles sur la rue Pelissier.

En tout, 43 places de stationnement seront ajoutées au stationnement municipal de la rue Pelissier, qui en compte déjà 348.

Pour ce faire, les locaux commerciaux du rez-de-chaussée de l’édifice du stationnement seront démolis. Leurs locataires avaient été évincés plus tôt cette année.

Si cette décision était chose du passé pour les élus de Windsor, le dossier s’est retrouvé devant eux de nouveau en raison des coûts plus élevés des soumissions reçues par la Ville pour la réalisation du projet.

Les conseillers municipaux avaient accepté le projet de conversion l’an dernier - et décidé de forcer le déménagement des locataires commerciaux - alors qu’on leur présentait des travaux au coût de 507 000 $.

Windsor avait ensuite reçu des soumissions allant de 888 000 à 1 125 000 dollars, ce qui a ravivé une fois de plus le débat autour de la nécessité de construire davantage d’espaces de stationnement, et de chasser des locataires commerciaux d’un centre-ville en manque d’être ravivé.

Mardi soir, les conseillers ont entériné un projet dont le coût a été renégocié par Windsor avec le plus bas soumissionnaire, sonnant le glas des espoirs des résidents et des élus ligués contre la dépense.

La fin d’une saga

Il s’agit de la fin d’une longue saga pour Windsor, qui a attisé les passions tant chez les promoteurs que les détracteurs du projet, et qui aura vu le conseil municipal faire volte-face à plusieurs reprises.

Selon ceux qui se sont prononcés en faveur de la conversion, dont le maire de Windsor Drew Dilkens, la construction d’espaces de stationnement additionnels est une nécessité pour faire face à une demande croissante dans le centre-ville.

Les critiques du projet argumentent en revanche que les stationnements municipaux sont à moitié vides, jour après jour.

Kate Isley, qui vit en face du stationnement sur la rue Pelissier, fait partie de ces opposants. Mardi soir, elle a livré ses derniers arguments pour tenter de faire dérailler le projet.

Le président de la principale association de gens d’affaires du centre-ville de Windsor, Larry Horwitz, a adressé de vives critiques aux élus, qui n’ont « pas même pris la peine de mener une étude sur les besoins en stationnement du centre-ville » avant d’opter pour la conversion.

Son regroupement a recensé plus de 4000 espaces de stationnement seulement à l’intérieur de ses propres limites géographiques.

Ces espaces sont hébergés par 14 stationnements municipaux et 17 stationnements privés.

Le conseiller municipal Rino Bortolin s’est lui aussi prononcé en vain contre le projet devant ses collègues, appelant même à la restauration des baux commerciaux dans les locaux dont les occupants ont été évincés.

Demande d’accès à l’information

Larry Horwitz trouve tant suspect que Windsor ait opté pour la conversion des locaux commerciaux en espaces de stationnements additionnels - en dépit de multiples propositions de la part d’entrepreneurs locaux quant à l’utilisation des locaux commerciaux qui doivent être détruits - que l’homme d’affaires a adressé une demande d’accès à l’information à Windsor.

La réponse de la Ville : fournir les explications sur la décision coûterait 14 000 $.

Face à ce prix qu’il juge « exorbitant » pour fournir des informations d’intérêt public, Larry Horwitz s’est ensuite dit convaincu que la Ville avait « quelque chose à cacher ».

Il a donc mis sur pied une campagne de sociofinancement afin de réunir les 14 000 $ nécessaires à l’obtention de l’information. La campagne a jusqu’ici permis d’amasser un peu plus de 4000 $.

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