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Dominic Barton, à la rescousse de l'économie canadienne?

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a annoncé lundi qu'il allait mettre sur pied un conseil consultatif sur la croissance économique et en confier la présidence à Dominic Barton. Qui est cet homme qui devra relancer l'économie canadienne? Portrait du nouveau « gourou de la croissance » du gouvernement Trudeau.

Un texte de Laurence Niosi

 

Difficile début de carrière

Aujourd'hui directeur général mondial de la firme de consultation McKinsey & Company, le Canadien Dominic Barton se dirigeait plutôt vers une carrière de professeur d'économie à l'université. Mais la vie en a décidé autrement : il est embauché aux bureaux de McKinsey à Toronto en 1986. Depuis, il a gravi tous les échelons de la firme, mais non sans difficulté. Après avoir essuyé deux refus, Dominic Barton est devenu associé à sa troisième tentative. « C'était un peu une claque dans le visage », disait-il, parlant de ses débuts chez McKinsey.

L'Asie, un tournant

Sa carrière a toutefois rapidement pris son envol quand il a été nommé directeur de l'Asie au début des années 1990. Dans la foulée de la crise économique asiatique, Dominic Barton a repensé le système bancaire de la Corée du Sud, d'où il travaillait à l'époque. Il a ainsi recommandé la fermeture de plusieurs banques, dont certaines avaient fait faillite, et a élaboré de nouvelles réglementations. De son propre aveu, son passage en Asie a été un tournant de sa carrière.

La réforme de McKinsey

En 2010, Dominic Barton est arrivé à la tête de McKinsey pour la réformer. La firme traversait une de ses pires crises : un de ses associés, Anil Kumar, était accusé d'avoir livré à un gestionnaire de fonds spéculatifs des renseignements confidentiels recueillis auprès de clients. M. Barton a alors décrété qu'une culture fondée sur les valeurs et l'intégrité ne suffisait pas et qu'il fallait des règles. M. Barton a notamment renforcé l'organe disciplinaire de la firme et a introduit des règles sur l'investissement personnel de ses employés.

Les priorités de Dominic Barton

Dominic Barton se fait l'apôtre d'un « capitalisme du long terme », dans lequel l'entreprise privée serait moins obsédée par la maximisation des résultats trimestriels. « Le système ne semble plus être aussi juste ou inclusif [qu'avant] », a-t-il déjà affirmé dans un article paru en 2013 dans The Atlantic... et signé par l'ex-journaliste Chrystia Freeland, aujourd'hui ministre du Commerce international au sein du gouvernement de Justin Trudeau.

M. Barton estime par ailleurs que des pays occidentaux comme le Canada devraient établir des liens plus étroits avec l'Asie. « Je suis convaincu que le prochain siècle sera celui du Pacifique et il est très important que les Canadiens en prennent conscience », confiait-il au magazine Forces il y a quelques années.