Donald Trump va nommer un troisième membre ou ex-membre de la grande famille Goldman Sachs dans son cabinet : il s'agit de Gary Cohn, actuel numéro deux de la banque et futur président du conseil économique du président désigné.

Donald Trump a choisi, depuis son élection, deux autres membres de la filière Goldman Sachs pour faire partie de son équipe : Steven Mnuchin, un producteur d’Hollywood et un gestionnaire de fonds spéculatif, a été nommé secrétaire au Trésor alors que Steve Bannon, qui a créé un site web de désinformation, a été nommé conseiller stratégique de la Maison-Blanche.

Ainsi, le futur président des États-Unis, qui a remporté l’élection du 8 novembre en se présentant comme un candidat « hors système », un réformateur et promettant de défaire les relations incestueuses entre certains secteurs de l’économie et le Congrès, le prochain président a donc choisi de s’inscrire dans la tradition en optant pour des candidats associés, actuellement ou dans le passé, à Goldman Sachs.

Barack Obama l’a fait en optant pour Timothy Geitner à titre de secrétaire au Trésor de 2009 à 2013. George W. Bush aussi s’est tourné vers Goldman Sachs en choisissant Henry Paulson, au Trésor également, de 2006 à 2009. Et puis, Robert Rubin, de 1995 à 1999, et Lawrence Summers, de 1999 à 2001, ont aussi occupé cette fonction sous la présidence de Bill Clinton.

Ailleurs dans le monde, l’actuel gouverneur de la Banque d’Angleterre et ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, est aussi un produit de Goldman Sachs. C’est le cas également du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi. Et puis, dans le sens inverse, José Manuel Barroso s’est joint à la célèbre banque l’été dernier après avoir été président de la Commission européenne.

Goldman Sachs près du pouvoir

Goldman Sachs est la banque d’affaires la plus près du pouvoir sur la planète. C’est elle qui oriente plusieurs politiques économiques et budgétaires depuis des décennies. C’est elle aussi qui a aidé la Grèce à maquiller ses chiffres budgétaires avant de parier, par l’entremise de « credit default swap », sur sa faillite.

« La stratégie de Goldman Sachs, une stratégie articulée et bien exécutée, c’est de se rendre indispensable au bon moment aux hommes et aux femmes politiques » nous expliquait le 1er décembre dernier l’expert en gouvernance Yvan Allaire.

On comprend mieux pourquoi Goldman Sachs et Bank of America ont bondi de 35 % depuis l’élection de Donald Trump le 8 novembre dernier. Le président désigné a dit qu’il voulait abolir certaines règles dans le milieu bancaire et les nominations qu’il fait confirment clairement cette intention.

Nous n’oublions pas, pourtant, que c’est la déréglementation financière et des prises de risque inconsidérées qui ont mené à l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, à l’effondrement de plusieurs entreprises, à la déconfiture des « subprimes », à la pire crise financière depuis 1929, à la grande récession, à des millions de pertes d’emplois, à du chômage, de la pauvreté, de la misère… ce qui a certainement alimenté, en partie, la colère de bien des Américains qui ont choisi de voter pour Donald Trump.

Pourtant, on peut se demander si les choix du prochain président ne nous conduisent pas à une prochaine crise financière?

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