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Droits compensateurs sur le papier aux États-Unis : « C’est énorme comme impact », selon un expert

La décision du département du Commerce et de la Commission du commerce international des États-Unis d'appliquer des tarifs douaniers compensateurs au papier satiné provenant des papetières J. D. Irving au Nouveau-Brunswick et Port Hawkesbury Paper en Nouvelle-Écosse va nuire à ces entreprises, selon un expert.

Des papetières américaines qui estiment que du papier offert aux États-Unis par quatre entreprises canadiennes est injustement subventionné ont porté plainte à ce sujet. Les autorités américaines viennent d'annoncer qu'elles maintiennent leur décision préliminaire d'imposer des tarifs douaniers compensatoires.

Les tarifs imposés :

  • Port Hawkesbury Paper (Nouvelle-Écosse):+ 20,18 %
  • J. D. Irving (Nouveau-Brunswick): + 18,85 %
  • Catalyst (Colombie-Britannique): + 18,85 %
  • Produits forestiers Résolu (Québec): + 17,87 %

Cette décision va entraîner une hausse du prix du papier de ces entreprises aux États-Unis. Michel Soucy, professeur en économie à l'Université de Moncton, campus d'Edmundston, estime que les profits de ces papetières canadiennes vont diminuer.

La réplique des papetières et des gouvernements des Maritimes

L'entreprise J. D. Irving dénonce le fait que le département américain du Commerce a refusé de mener une enquête. J. D. Irving affirme également qu'elle ne reçoit pas de subventions aussi importantes que les autres papetières et sous-entend qu'elle est traitée injustement.

« La façon de procéder du département américain du Commerce a été totalement injuste envers Irving Paper et est incompatible avec la loi. Irving Paper va continuer à envoyer ces rapports pour démontrer que la compagnie ne reçoit pas de subventions compensatoires », dit Mary Keith, porte-parole de J. D. Irving.

La papetière de Port Hawkesbury entend faire appel de la décision. Marc Dubé, directeur du développement des affaires, affirme que l'entreprise veut prouver que l'imposition de droits ne repose ni sur des faits ni sur des lois et qu'elle est injuste pour les papetières canadiennes.

Produits forestiers Résolu se défend également. « Résolu soutient qu'elle a pleinement coopéré à l'enquête [des autorités américaines], et qu'elle est à la fois surprise et déçue de cette annonce. Par le fait même, la Société réitère sa position, à savoir qu'elle n'a reçu que des subventions directes ou indirectes négligeables, si même elle en aurait reçu, pour sa production de papier surcalandré », dit-elle par voie de communiqué.

Le ministre responsable de la Politique d'expansion du commerce du Nouveau-Brunswick, Rick Doucet, affirme aussi que la décision des autorités américaines est injuste. Il ajoute que son gouvernement appuie la demande d'enquête présentée par Irving, et il recommande au gouvernement du Canada de faire appel à l'Organisation mondiale du commerce.

En juillet, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, avait affirmé que la décision du gouvernement américain sur les papetières va à l'encontre du principe de libre-échange entre le Canada et les États-Unis et avait promis de se battre pour l'invalider.

Avec des informations de Nicolas Steinbach

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