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Du crabe transformé à l'usine de crevette de Matane

L'usine des Fruits de mer de l'Est-du-Québec se diversifie. L'usine, spécialisée depuis 1967 dans le traitement de la crevette, transformera du crabe des neiges dès ce printemps.

Un texte de Joane BérubéIl s'agit d'un investissement de près de 2 millions de dollars. Des travaux sont en cours à l’usine et devraient être terminés à temps pour la saison.

L'usine pourra transformer jusqu'à 2 millions de livres de crabe des neiges par saison.

Au total, 45 personnes devraient travailler sur cette nouvelle ligne de production qui ne pourra pas fonctionner en même temps que la production de la crevette.

Les 120 employés affectés à la transformation de la crevette prendront le relais à la fin de la saison de crabe des neiges.

Généralement, la saison de pêche au crabe, qui commence au début d’avril, dure entre six et huit semaines. La pêche à la crevette démarre presque en même temps que celle au crabe des neiges, mais s’étend jusqu’en novembre.

Le président du conseil d’administration des Fruits de mer de l’Est-du-Québec, Jean-Pierre Chamberland, explique que l'usine se diversifie en prévision d’une diminution des quotas de crevette.

« On a fait depuis 10 ans plusieurs millions d’investissements pour conserver cette usine, dit-il. Tout le monde craint la baisse des quotas de crevettes. Pour que les usines soient rentables, il faut trouver des sources d’approvisionnement d’autres espèces. »

Reste à voir si les crabiers viendront débarquer leur cargaison au quai de Matane.

Le président de l’Association des pêcheurs de crabe de la zone 17, René Landry, confirme que les Fruits de mer de l’Est-du-Québec ont approché des crabiers de la zone 17 et de la zone 16 pour connaître leur intérêt à débarquer du crabe au quai de Matane.

Ce nouveau joueur devra faire sa place auprès des crabiers, croit M. Landry. « Il y a des pêcheurs que ça fait X années qu’ils font affaire avec le même transformateur, c’est qu’il va falloir qu’ils arrivent avec un meilleur prix, de meilleurs services. Tout ça est à négocier », commente M. Landry qui voit tout de même d’un bon œil l’arrivée de ce nouveau transformateur.

L’entreprise a aussi fait une demande à la Ville de Matane pour que soit augmenté son approvisionnement en eau.

La capacité d’aqueduc à répondre à cette demande fait l’objet actuellement d’une évaluation par une firme spécialisée. Selon la Municipalité, cela ne devrait pas causer de problèmes puisque l’usine a déjà eu recours à de telles quantités d’eau par le passé.

Préparer l'avenir

La transformation du sébaste, dont la pêche pourrait être à nouveau autorisée d’ici 2020, pourrait aussi être évaluée à plus long terme. « Si l’éventualité pour d’autres espèces se présente, on va l’étudier à fond », indique Jean-Pierre Chamberland.

Aucun de nos nombreux appels n’a été retourné par la direction des Fruits de mer de l’Est-du-Québec.

L’usine des Fruits de mer de l’Est-du-Québec appartient à une société de la Couronne danoise, la Royal Greenland.

L’entreprise, un géant mondial de la transformation de produits marins, possède déjà d’autres usines de transformation de crabe des neiges à Terre-Neuve et au Groenland.

« Ils ont des intérêts autour de l’Atlantique et partout dans le monde et sont très au fait des espèces partout dans tous les pays. Ils connaissent le marché au Canada. On est à l’affût de tout. On a une usine très moderne et on est capable de faire beaucoup de choses », ajoute le président du C.A. de l'usine, Jean-Pierre Chamberland.

Le Danemark est le troisième pays d’exportation des produits marins du Canada.