Retour

Du vin québécois dans les épiceries pour les Fêtes

Après la longue bataille pour l'adoption du projet de loi 88, plusieurs vins du Québec se retrouveront enfin sur les tablettes des supermarchés et des dépanneurs pour les célébrations de fin d'année.

Un texte de Michel Marsolais

Alors que la Fête des vins du Québec bat son plein au Complexe Desjardins, à Montréal, les vignerons locaux auront rarement été d'aussi bonne humeur.

L'été 2016 a été exceptionnel et promet l'une des meilleures cuvées québécoises à ce jour. Encore mieux : cette fois, les vignerons auront tous les débouchés pour vendre leurs 2 millions de bouteilles.

L'an dernier, Daniel Lalande, du vignoble Rivière du Chêne à Saint-Eustache, était en grande difficulté financière alors que le gouvernement tergiversait à propos de l'aide à apporter à l'industrie. Aujourd'hui, renversement de situation, il jubile.

Le nouveau héros des vignerons, c'est le ministre des Finances, Carlos Leitão, qui a repris le dossier du vin au ministère de l'Agriculture où il s'enlisait.

Il a soutenu le programme d'aide à la commercialisation des vins québécois à la Société des alcools du Québec (SAQ), où leurs ventes ont augmenté de 76 %. Puis, il a œuvré pour l'adoption de la Loi sur le développement de l'industrie des boissons alcooliques artisanales, qui va permettre l'arrivée des vins du Québec dans les épiceries.

Juste à temps pour les Fêtes

La règlementation a été déposée le 26 octobre, mais on doit compter 45 jours avant sa mise en application, soit juste à temps pour Noël.

« Je pense qu'on doit être heureux. C'est une ouverture de marché nouvelle. Ça va permettre à un peu tout le monde d'avoir accès au public sans passer par la SAQ. Ça va permettre aux marchés locaux de s'approvisionner auprès des vignobles là où ils sont », pense le vigneron Léon Courville, qui milite depuis des années pour un accès aux épiceries.

Le président de l'Association des vignerons, Yvan Quirion, estime que la SAQ et les épiceries sont des marchés complémentaires où tout le monde trouvera son compte.
« Les épiceries, c'était important surtout pour nos très petits vignerons. Pour passer de 10 000 bouteilles à 50 000 ou à 100 000 bouteilles, ça prenait les épiceries pour développer le marché localement, positionner la marque et faire entrer de l'argent », explique-t-il.

L'accès au réseau de la SAQ et à celui des épiceries devrait stimuler les investissements dans le domaine viticole comme cela s'est fait dans d'autres provinces.
« C'est clair qu'il va y avoir une très forte augmentation des surfaces dans les 5 à 10 prochaines années. Ça a déjà commencé l'été dernier. Moi, je pense qu'on va franchir assez rapidement les 5 millions de bouteilles. »

Le nouveau défi de l'industrie pourrait être de répondre à la demande.