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Économie du nord : « Il faut sortir des approches électoralistes »

Le gouvernement devrait changer sa façon de faire, lorsqu'il est question de développement économique dans le nord du Nouveau-Brunswick, juge le directeur général de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), Frédérick Dion.

Le développement économique, ça commence par la base. Il faut sortir des approches électoralistes, des annonces à la pièce, il faut travailler vraiment avec les gens sur le terrain, juge le directeur général.

M. Dion plaide pour que davantage de décisions économiques soient prises en région.

Il faudrait établir une stratégie de développement à long terme avec des objectifs clairs, des échéanciers et une façon de mesurer les résultats, selon lui.

Alors que le premier ministre Brian Gallant multiplie les annonces de son gouvernement en matière d'économie, les taux de chômage restent élevés dans le nord de la province.

Dans la plupart des régions du nord, l'an dernier seulement, la population a diminué de 3 % à 5 %. Si le taux de chômage pour l’ensemble de la province a chuté à 8 %, entre Miramichi et Campbellton, il se maintient toujours à plus de 13 %.

Encourager les entreprises locales

C'est le même son de cloche du côté du Conseil économique du Nouveau-Brunswick. Son président, Thomas Raffi, soutient que le développement économique de la région passe, d’abord et avant tout, par les entreprises locales.

Le nord de la province a à sa disposition suffisamment d'entreprises et de produits pour rayonner, selon lui. Il faudrait maintenant miser sur elles et leur donner les ressources pour rayonner.

Rétention de la main-d'oeuvre

Un des principaux défis des entreprises dans le nord serait l’accès à une main-d’oeuvre qualifiée. Même si les taux de chômage sont élevés, il y a peu de travailleurs spécialisés disponibles pour occuper les postes offerts, explique le maire de Bathurst, Paolo Fongemie.

Parmi les solutions envisagées, on évoque un effort plus important en ce qui a trait à l’immigration francophone en région.

Il faut une vision d'ensemble, et peut-être même une forme de dualité au niveau de l'immigration francophone pour s'assurer qu'on a des gens qui viennent combler des postes qui sont vacants dans beaucoup d'entreprises., ajoute Frédérick Dion.

Responsabilité gouvernementale

Certaines décisions gouvernementales n'auraient pas contribué à dynamiser la région, toujours selon ces observateurs.

On évoque, entre autres, la fermeture de plusieurs services gouvernementaux, comme des palais de justice, des bureaux de Service Nouveau-Brunswick ou des bureaux du ministère des Ressources naturelles.

Depuis peut-être les 20, 30 dernières années, on a vu beaucoup de diminution de services dans les régions rurales, encore là, ce sont des décisions prises par des ministères qui n'ont pas de vision claire du développement des régions, et ça, il faut que ça change, lance Frédérick Dion.

Maintenir la qualité des infrastructures

Un point revient auprès des intervenants : il faut investir dans les infrastructures, pour assurer le développement des entreprises.

Dans certains cas, par exemple, les routes sont dans un état où des camions lourds de livraison doivent réduire le poids de leurs cargaisons, ce qui augmente les coûts et diminue leur compétitivité.

Afin de créer de l'emploi dans la région, le premier ministre Brian Gallant a annoncé jeudi qu'il évaluait la possibilité qu'une minière s'établisse à Belledune.