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Élevage d'ombles chevaliers : sur la voie de la réussite

Un producteur d'oeufs de Bas-Caraquet, dans la Péninsule acadienne, s'est lancé il y a quatre ans dans l'élevage d'un poisson de la famille des salmonidés, l'omble chevalier. Emmanuel Chiasson et sa conjointe sont en voie de gagner leur pari : celui de réussir dans une industrie... et dans un édifice, qui ont connu leur part d'échecs.

« C'est pas un poisson qui est agressif », affirme M. Chiasson en pointant vers les poissons qui nagent dans l’un des grands bassins de son entreprise, Pisciculture acadienne.

Ces ombles chevalier sont le résultat de quatre années d'efforts, explique-t-il. Sa femme et lui ont tout de même évité d’affronter de front les gros joueurs de l’industrie.

« Étant donné qu'on n'est pas une grosse ferme, on n'avait pas à compétitionner les gros de l'industrie comme le saumon ou quelque chose chose qu'on n'aurait eu aucune chance de percer », dit-il.

Avant de se lancer dans cette aventure, Emmanuel Chiasson et son épouse Céline gagnaient leur vie en produisant des oeufs de volaille, une production qu'ils n'ont d'ailleurs pas abandonnée.

« Fallait que je m’adapte, parce que je n’avais jamais touché de poisson avant, raconte Céline Chiasson, qui est la secrétaire-comptable de l’entreprise. Ni même rentré dans une "shop" à poisson non plus. Ça fait que j'ai appris [sur le tas]! »

Des entreprises qui avaient échoué

La pisciculture qu’ils ont rachetée a été le théâtre d'une série d'échecs depuis sa construction au début des années 1990.

Au fil des ans, les gouvernements ont investi 1 288 265 $ dans deux entreprises qui ont tenté d'y faire l'élevage de poisson.

Lorsqu’ils ont pris la relève, les Chiasson ont reçu à peine 40 000 $ d'Ottawa et de Fredericton.

Avec cette somme, ils ont créé sept emplois, dont quatre à temps plein.

« On met beaucoup, beaucoup de temps », explique Mme Chiasson lorsqu’on lui demande la recette de leur succès. « Je ne sais pas, les autres, peut-être qu'ils n’étaient pas ici assez souvent ou… je ne sais pas honnêtement pourquoi ça ne marchait pas avant. »

Des conseils d'experts

Rodrigue Yossa, directeur scientifique de l’Institut de recherche sur les zones côtières de Shippagan, a sa petite idée, lui, sur la clé du succès des Chiasson.

Les Chiasson sont très motivés. Ils sont passionnés par ce qu'ils font. Ils aiment vraiment l'aquaculture!

Rodrigue Yossa, directeur scientifique de l'Institut de recherche sur les zones côtières

Quand ils ont besoin de conseils, les propriétaires de Pisciculture acadienne viennent justement frapper à la porte de l’Institut.

Rodrigue Yossa a pu leur dire, par exemple, que l’omble chevalier était un poisson bien adapté aux eaux froides de notre environnement.

Les anciens propriétaires de la pisciculture, selon lui, n’ont pu bénéficier au même degré de cette expertise.

« L'espèce de poisson, les conseils techniques et ainsi de suite n'étaient pas forcément les meilleurs qui étaient reçus par les précédents producteurs. Mais Emmanuel a appris justement de ces échecs-là, probablement, et il est en train de développer une approche beaucoup plus rentable, beaucoup plus productive. »

Les Chiasson pensent pouvoir tirer un revenu de leur entreprise l'été prochain. Ils ont bien l’intention de réussir là où les autres entreprises ont échoué.

D’après un reportage de Michel Nogue

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