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La Vérif : combien touche un médaillé olympique?

En remportant leur médaille d'or, Mikaël Kingsbury et l'équipe canadienne de patinage artistique gagnent chacun un bonus de 20 000 $ offert par le Comité olympique canadien. Mais d'autres pays offrent des primes beaucoup plus généreuses à leurs médaillés.

Un texte de Vincent Maisonneuve et Nathalie Lemieux

Au Canada, chaque médaille olympique vient avec une récompense en argent. Si l’or rapporte 20 000 $, un médaillé d’argent recevra 15 000 $ et un athlète touchera 10 000 $ pour le bronze. Un revenu sur lequel nos champions vont cependant devoir payer de l’impôt.

Le Comité olympique canadien (COC) offre ce genre de prime depuis les Jeux de Pékin, en 2008. Depuis, le COC a versé un peu plus de 13 millions de dollars aux différents médaillés canadiens.

D’autres pays offrent des bonus nettement plus élevés. Voici la liste des sommes les plus généreuses offertes lors des derniers Jeux de Sotchi :

Une prime généreuse n’est cependant pas un gage de succès.

Bien que le Kazakhstan verse la prime la plus généreuse pour une médaille d’or, aucun athlète kazakh n’est monté sur la plus haute marche du podium depuis les Jeux de 1994, à Lillehammer, en Norvège.

Dans le cadre des Jeux d’été de Rio, Singapour offrait une prime de 948 000 $ CA pour une première position.

En remportant l’or au 100 m papillon, Joseph Schooling est devenu le premier et unique champion olympique singapourien. Avec sa prime de près de 1 million de dollars canadiens, il est l’athlète qui a touché la plus importante récompense en argent pour une médaille d’or dans l’histoire des Jeux olympiques.

Des pays comme la Suède et la Norvège ont de leur côté adopté une approche complètement différente. Ils n’offrent pas de bonus pour les médailles. Toutes les sommes sont plutôt investies dans le développement des athlètes.

Les primes aux médailles, importantes pour les athlètes?

En remportant l’or à Vancouver et à Sotchi en bosses, le skieur acrobatique Alexandre Bilodeau a touché, au total, 40 000 $ pour ses deux médailles.

Les commandites

Après la gloire olympique, un athlète peut réussir à vendre son image. Par exemple, l’Américaine Lindsey Vonn, la reine du ski alpin, vaut des millions de dollars aujourd’hui.

La valeur des commandites va cependant dépendre de la popularité du sport, du charisme de l’athlète et aussi de la taille du marché que le médaillé peut atteindre.

Pour ce qui est de la différence entre les sports, Alexandre Bilodeau trace un parallèle entre le ski alpin et le ski acrobatique. « Le ski alpin est comme la formule 1 et le ski acrobatique, le rallye. En rallye, les champions vont obtenir de bons contrats de commandites. Il y a des fabricants automobiles qui s’associent à ce genre de sports. Sauf qu’en formule 1, on entre dans une autre stratosphère. C’est la même chose en ski alpin. Durant l’année, les primes pour gagner une course en ski alpin, ce sont des centaines de milliers de dollars et c’est sans parler des commanditaires. »

La personnalité de l’athlète va aussi influencer sa capacité à rentabiliser sa médaille. « C'est un facteur très important, explique Alexandre Bilodeau. Apolo Ohno, un patineur de vitesse, c’est le Charles Hamelin des Américains. Ohno a une personnalité très flamboyante. Il a signé des commandites de plusieurs millions de dollars. Il a tiré beaucoup d’argent de ses victoires. À l’opposé, l’Américaine Hannah Kearney, qui a remporté l’or en bosses, tout juste devant Jennifer Heil, est plus discrète. On n’entend plus parler d’elle. Elle n’a pas monétisé sa médaille comme Apolo Ohno l’a fait. »

Bref, une médaille d’or olympique n’équivaut pas nécessairement à une commandite.

La taille du marché

Pour Jean Gosselin, stratège en communications d'entreprises et spécialiste en marketing sportif, le charisme de l’athlète y est pour quelque chose, mais la valeur de la commandite dépend aussi de la taille du marché. Au Canada, quelques rares athlètes d’exception réussissent à obtenir des commandites de 150 000 $ à 200 000 $ par année. Comme le marché canadien est 10 fois plus petit que le marché américain, « 150 000 $ au Canada, c’est 1,5 million de dollars aux États-Unis. La valeur de la commandite est proportionnelle au marché dans lequel on évolue », explique M. Gosselin.

Les champions olympiques canadiens qui font des fortunes, c’est donc davantage l’exception que la règle.

Si ce sont les athlètes qui nous font vibrer par leur passion et leur détermination, ce ne sont manifestement pas eux qui empochent les milliards de dollars que rapporte la tenue des Jeux.

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