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La Vérif : tarifs sur l’acier, une manière de contourner les accords commerciaux?

Les tarifs que le président Trump veut imposer sur l'acier et l'aluminium visent à protéger une industrie américaine menacée par ses concurrents. Donald Trump en fait un enjeu de sécurité nationale. « Sans acier, vous n'avez pas de pays », dit-il. Et s'il s'agissait plutôt d'une stratégie visant à contourner les règles de l'Organisation mondiale du commerce?

Un texte de Vincent Maisonneuve et Nathalie Lemieux

L’industrie de l’acier et de l’aluminium connaît un déclin aux États-Unis. Dans son rapport, le secrétaire du Commerce, Wilbur Ross, affirme qu’il ne reste, aux États-Unis, qu’une aluminerie capable de produire la qualité d’aluminium exigée par les militaires américains.

Mais l’argument de la sécurité nationale peut aussi être vu comme une stratégie visant à contourner les accords commerciaux. Selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), un pays qui invoque la clause de « sécurité nationale » peut se soustraire à l’arbitrage. Autrement dit, l’OMC ne peut pas intervenir.

Bien entendu, il s’agit stratégie potentiellement dangereuse. La Chine, par exemple, pourrait faire la même chose. Il y aurait alors un risque réel de guerre commerciale que l’OMC ne pourrait même pas arbitrer.

Les tarifs du président Trump risquent de déplaire à de nombreux Américains.

En 2002, Georges Bush a imposé des tarifs de 30 % sur l’acier. Dans les mois suivants, 200 000 Américains ont perdu leur emploi parce que le prix de l’acier avait grimpé.

Les tarifs que souhaite imposer Donald Trump risquent, une fois de plus, de faire grimper le prix de l’acier et de l’aluminium. Les avions de Boeing, les automobiles de Ford ou les camions de Caterpillar seront plus chers à produire.

Aux États-Unis, il y a 80 fois plus d’emplois dans les usines qui fabriquent des biens à partir de l’acier et de l’aluminium qu’il y a d’emplois dans les aciéries et les alumineries.