Une fois n'est pas coutume, Boeing bat Airbus sur son propre terrain, en nombre de ventes et d'options au salon du Bourget : 443 à 326. Par ailleurs, Embraer bat la C Series de Bombardier.

Un texte de Jean-Michel Leprince

Beaucoup moins de ventes d'avions régionaux, où le brésilien Embraer bat la C Series de Bombardier avec une trentaine de commandes d'un avion qui n’entrera en service que dans deux ans. Ceci dit, Bombardier n’est pas découragé par le salon aéronautique du Bourget, en France.

Embraer 30, C Series 0

Si quelqu’un doute des intentions de la compagnie brésilienne Embraer dans son combat contre Bombardier, il n’a qu’à regarder la tête de rapace peinte sur le nez de son nouveau E195.

Embraer le surnomme « Profit Hunter » - chasseur de profit. Car le fabricant compte gagner beaucoup d’argent avec sa nouvelle série, les E2, déclinée en trois dimensions, de 80 à 130 sièges.

Ce n’est pas un appareil tout nouveau, c’est la série E remodelée : les ailes et les moteurs sont de nouvelle génération. C’est le même moteur Pratt et Whitney que la C Series.

Le Bourget, c’est sa grande sortie, avec des vols quotidiens de démonstration, comme pour le CS300 en 2015. Il a donc près de trois ans de retard sur Bombardier, car il n’entrera en service que début 2019. Là où il n’a pas de retard, c’est sur le carnet de commandes. Pratiquement le même que la C Series, qui en compte 350. Et au Bourget, il gagne haut la main. Embraer E2 : 30 commandes fermes. C Series : aucune.

Le PDG d’Embraer, Paulo Cesar de Souza e Silva, est ravi. Il prédit un immense succès pour la « famille » des E2.

Selon Gil Roy, rédacteur en chef du site Aerobuzz, Bombardier est en « concurrence frontale directe avec Embraer, une concurrence historique ». Il ajoute que pour le « créneau des avions de 100 à 160 sièges se profile également la concurrence russe et japonaise. »

Il y a le Soukhoï SuperJet 100 russe, toutefois plus petit que le C Series, de 75 à 95 passagers, mais aussi le MRJ du japonais Mitsubishi. Ces deux avions n’ont pas résolu leurs problèmes techniques et devront encore faire leurs preuves.

Pas découragé pour autant

Le bilan est loin d’être négatif pour Bombardier, puisqu’il s’en tire avec une soixantaine de commandes du Q400. Les gens s’attendent trop à d'importantes annonces de commandes, selon le PDG de Bombardier, Alain Bellemare.

Lancer un nouvel appareil est un projet de longue haleine, dit-il, précisant avoir des discussions avec des compagnies qui sont très sérieuses.

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