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En grève et sans PDG, Air France-KLM voit son action dégringoler

Le conflit de travail qui perdure chez Air France-KLM et la démission de son grand patron, annoncée vendredi, ont plombé son titre de 10 %, lundi, 14e journée d'arrêt de travail depuis février.

Il a en fait perdu 9,83 % de sa valeur en bourse pour terminer à 7,30 euros, au terme du premier jour ouvrable depuis la démission de Jean-Marc Janaillac, vendredi soir. C’est le plus bas niveau de l’action depuis avril 2017.

M. Janaillac a annoncé son départ après le rejet par référendum des offres salariales de la direction visant à sortir la compagnie franco-néerlandaise d'une série de grèves dont le coût est estimé à 300 millions d'euros à la fin avril et à près de 30 millions d'euros pour chacun des quatre jours de grève de mai.

Air France-KLM avait proposé des hausses de 2 % cette année et de 5 % pendant la période 2019-2021 et s'attendait à ce que les syndiqués s'en accommodent. Ils ont dit non dans une proportion de plus de 55 %.

Les syndicats réclament une augmentation de 5,2 % cette année. Ils soulignent que les salaires sont gelés depuis 2011, le temps pour le transporteur de couper des postes et de se restructurer. Air France rétorque que les demandes syndicales effaceraient les gains engendrés par la restructuration, qui visait à effacer des années de pertes.

M. Janaillac a démissionné quand la proposition patronale a été rejetée, en déplorant un « immense gâchis qui ne peut que réjouir nos concurrents ».

Le conseil d'administration d'Air France-KLM lui a demandé de demeurer en poste jusqu'au 15 mai, date de l'assemblée générale annuelle des actionnaires. La société annoncera alors le nom de son nouveau PDG.

Le front intersyndical avec qui la compagnie doit négocier, qui regroupe 10 organisations, n’entend pas déposer de nouveaux préavis de grève. Il souhaite rouvrir les pourparlers, mais la partie patronale n'est pas prête.

Une 15e journée de grève aura lieu mardi. Ainsi, environ 14 % des pilotes, 18 % des agents de bord et 3 % du personnel au sol débrayeront.

La compagnie a dit pouvoir assurer 80 % des vols prévus à travers le monde.

Lundi, c’est environ 85 % des vols qui ont eu lieu.

Pessimisme au gouvernement

Le gouvernement français, qui détient une participation de 14 % dans Air France, a prévenu que le transporteur pourrait ne pas survivre à la tourmente.

Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué que Paris ne le sauverait pas.

« La survie d'Air France est en jeu », a soutenu M. Le Maire, en demandant aux travailleurs de se montrer « responsables ».

Cependant, d’après François Robardet, administrateur d’Air France-KLM, il est « techniquement, commercialement et financièrement impossible d'obtenir la fin du groupe Air France-KLM ».

« Par contre, en raison de ses meilleurs résultats, KLM pourrait demander d'augmenter son activité au détriment d'Air France », a cependant poursuivi M. Robardet.

Air France et la société néerlandaise KLM font partie du même groupe depuis 2004.

La démission de Jean-Marc Janaillac met sur la glace plusieurs grands projets chez Air France-KLM.

Les principaux sont la modernisation de la flotte d’appareils d'Air France, le développement des transporteurs à coûts réduits Transavia et Joon, ainsi que la réorganisation de Hop!, une filiale court et moyen-courrier.