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Est-ce qu'on crée des emplois de qualité au Québec?

C'est le même scénario à chaque publication des données sur l'emploi. L'opposition trouve les chiffres qui font son affaire et le gouvernement fait la même chose. L'opposition cherche les données les plus négatives du marché de l'emploi et le gouvernement s'intéresse aux données les meilleures. Le résultat, c'est qu'à les écouter, on ne sait plus partager le vrai du moins vrai, on ne sait plus à quel moment le propos est vraiment fondamental, important et non partisan.

Un texte de Gérald Fillion

Pire encore, certains politiciens s'attribuent le mérite des gains d'emplois ou rejettent la faute sur d'autres politiciens quand l'emploi est en baisse. Pourtant, certains d'entre eux vont jusqu'à dire que c'est le secteur privé qui crée de l'emploi, pas l'État! Bref, il se dit souvent n'importe quoi sur l'état du marché de l'emploi au Québec. Et c'est franchement malheureux.

On peut faire dire n'importe quoi aux chiffres, semble-t-il, mais, dans les faits, toutes les données n'ont pas la même valeur. Il faut s'intéresser aux faits, aux tendances et à ce que révèlent les données.

C'est donc, à titre de journaliste en économie, avec un enthousiasme senti que j'accueille l'initiative de l'Institut du Québec (IDQ), qui a décidé de créer un Indice de l'emploi. Les plus férus de statistiques y trouveront des données intéressantes, intelligentes et utiles. Je sais que les plus scientifiques d'entre vous trouveront des failles ou des défauts, qu'ils en voudraient plus. Mais, je pense que nous gagnons à mieux comprendre le marché du travail dans son ensemble plutôt qu'à se focaliser sur les données mensuelles, commentées de façon démagogique par les politiciens.

Alors, ce que nous dit l'Institut du Québec, c'est que son Indice de l'emploi sera publié une fois par mois, environ une heure après la diffusion des données mensuelles sur l'emploi et le chômage de Statistique Canada. C'est ce que l'Institut a fait ce matin pour la première fois.

Deux constats :

  1. Il y a une certaine vigueur de l'emploi au Québec. Comme le calcule Desjardins d'ailleurs, la croissance de l'emploi au Québec depuis 1 an est de 0,8 % par rapport à 0,4 % pour l'ensemble du Canada. L'IDQ va plus loin dans son indice de la vigueur en identifiant les segments qui s'améliorent : le chômage baisse, le taux d'emploi des 25-54 ans monte, il y a un peu moins de chômage de longue durée, la part de l'emploi dans le secteur privé augmente, il y a moins de travailleurs découragés. Mais, point négatif, le taux d'activité continue de baisser.
  2. En retour, la qualité des emplois est en baisse, écrit l'IDQ, et c'est une tendance depuis l'été 2015 qui se confirme encore dans la dernière publication sur l'emploi de Statistique Canada. Ainsi, l'Institut du Québec souligne qu'on assiste, au Québec, à une « importante baisse de l'emploi bien rémunéré », que « la croissance de l'emploi à temps plein, de l'emploi des secteurs privé et public [déçoit], tout comme la situation des travailleurs temporaires ». Toutefois, on sent une « accélération de la croissance des salaires » et une « amélioration de la situation des travailleurs à temps partiel involontaires ».

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