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Est-ce qu'un prix sur le carbone coûterait 2,5 G$ à la Saskatchewan?

L'assertion du premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, selon laquelle un prix fédéral de 50 $ pour la tonne de carbone siphonnerait 2,5 milliards de dollars des coffres de la province est fausse d'après une analyse de la Presse canadienne.

Lundi, le premier ministre canadien Justin Trudeau en a surpris plusieurs en annonçant qu'Ottawa imposerait un prix plancher de 10 $ la tonne de CO2 dès 2018, qui augmentera de 10 $ chaque année pour atteindre 50 $ en 2022. Opposé à toute tarification du carbone, M. Wall a qualifié la décision de son homologue d'irrespectueuse, précisant que la Saskatchewan sera grande perdante en matière de compétitivité marchande.

La tarification du carbone vise à inciter les entreprises et les particuliers à réduire leurs émissions de CO2. Le coût peut être fixé selon une taxe ou un système de plafonnement et d'échange, communément appelé bourse du carbone.

Le ministère de l'Environnement soutient que la province a émis 74,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2013. Un tarif de 50 $ sur la tonne de carbone appliqué à 70 % des émissions de CO2 générerait 2,6 milliards de dollars par an, un prix au-dessus du 2,5 milliards dollars annoncé par la Saskatchewan.

Puisqu'Ottawa promet que les provinces auront le choix de la structure tarifaire qu'elles veulent mettre en place et que les revenus resteront dans leurs économies, l'argument selon lequel le prix sur le carbone viderait les coffres de la Saskatchewan n'est pas soutenable, conclut la Presse canadienne. 

En outre, Mark Cameron, ancien conseiller de l'ex-premier ministre Stephen Harper, souligne qu'une taxe sur le carbone coûtera moins cher à la Saskatchewan que son projet de captage et de stockage de carbone et son plan de produire la moitié de ses énergies à partir de sources renouvelables d'ici 2030.