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Est-ce que Donald Trump et la chute du dollar influencent vos choix de vacances?

ANALYSE - 2017 devrait, en principe, être une bonne année sur le plan touristique dans l'ensemble du pays. Tout est en place, on fête le 375e à Montréal, le 150e au Canada, des événements sont prévus, des promotions sont annoncées, notamment la gratuité des parcs fédéraux. Et, surtout, la baisse du dollar canadien et la croissance de l'économie aux États-Unis sont des incitatifs particulièrement intéressants pour donner le goût aux touristes américains de nous visiter encore davantage. Si tout se passe bien, 2017 sera un grand cru sur le plan touristique.

Mais… rien n’est moins sûr. Si les Américains et les Européens peuvent être attirés par les événements spéciaux au pays cette année, on peut se demander si les Québécois n’ont pas la tête ailleurs. Le CAA-Québec nous apprend, dans son sondage sur les vacances de 2017, que les voyageurs resteront moins au Québec cet été et iront davantage en Europe.

Ainsi, 52 % des voyageurs québécois resteront sur leur territoire, quelque part entre la Gaspésie, les Iles-de-la-Madeleine, Québec et la Montérégie. C’est une baisse de six points de pourcentage par rapport au sondage pour 2016. En retour, 22 % des gens vont prendre l’avion vers l’Europe surtout, une hausse de six points depuis un an.

La part des voyageurs qui prendront des vacances cet été aux États-Unis est stable. Ainsi, comme en 2016, c’est 11 % des voyageurs qui iront aux États-Unis, surtout dans le Maine, le New Hampshire, le Vermont, l’État de New York et la Floride. C’est 11 % vers les autres provinces canadiennes aussi et ce taux est stable également.

Le facteur Trump

Cela dit, il y a un autre facteur qui pèse peut-être encore plus lourd dans l’équation touristique en 2017 : c’est Donald Trump. Son élection et ses décisions depuis sa prise du pouvoir pourraient pousser plusieurs personnes à « boycotter » les États-Unis, un terme qu’on lit et qu’on entend dans les réseaux sociaux.

Selon Philippe Blain, vice-président du CAA-Québec, « l’élection de Donald Trump a une influence négative sur 12 % des voyageurs, alors que 5 % ont évoqué les attentats en Europe. » C’est tout de même faible selon le CAA-Québec, qui affirme que « c’est encore le budget, et de loin, qui est le facteur le plus déterminant dans le choix d’une destination. »

C’est vrai. Et, on peut se demander pourquoi le dollar canadien à 74 cents américains et à 66 centimes d’euros ne pousse pas davantage les Québécois à rester au pays. Le prix de l’essence a recommencé à augmenter, la croissance de l’économie demeure modeste, le dollar canadien est faible, et je le répète, tout est en place avec le 375e et le 150e pour faire de 2017 une grande année pour le tourisme au pays.

L'importance du tourisme dans le PIB

Le tourisme est une industrie vitale pour plusieurs parties du pays. Pas moins de 20 millions de visiteurs internationaux sont attendus au Canada cette année. Le tourisme, c’est plus de 90 milliards de dollars en dépenses dans les biens et les services, soit 2 % du PIB. Cette industrie fournit de l’emploi à 720 000 personnes dans l’hébergement, la restauration, les spectacles et le transport notamment.

En cette année du 375e anniversaire de Montréal, c’est 10,7 millions de touristes qui sont attendus dans la ville, une hausse de 5,3 % par rapport à l’année précédente. On s’attend à une hausse de 7,5 % des touristes européens, de 5,7 % des tourismes américains et une hausse majeure est à prévoir en provenance de Chine avec les vols directs avec Pékin et Shanghai qui sont maintenant disponibles.

En fait, soyons francs : l’ennemi numéro un pour l’industrie touristique, c’est ce mauvais temps et ces températures plus froides que la normale qui perdurent et qui affectent tout particulièrement les détaillants et les restaurateurs, ces jours-ci. Mais ça, là-dessus, on n’a pas de contrôle!

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