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Et si, finalement, Donald Trump était bon pour l’économie et les marchés?

ANALYSE - Avant le 8 novembre 2016, des analystes géopolitiques, des investisseurs et des économistes prévoyaient le pire advenant l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Il n'était pas nombreux à croire à la possibilité de ce que plusieurs considéraient comme un scénario catastrophe. J'ai gardé une petite coupure de journal du matin de l'élection présidentielle qui faisait écho à des analystes qui prévoyaient une chute de 10 % des marchés boursiers à court terme advenant la victoire du candidat républicain. Ce scénario ne s'est pas produit.

Au contraire, un an plus tard, force est de constater que bien des observateurs avaient une vision bien sombre de ce qui allait se produire. Si dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016, les marchés mondiaux s’effondraient, les lueurs du petit matin sont venues rafraîchir les esprits et, depuis, la bourse de New York est en croissance : hausse de 21 % du S&P 500 depuis un an, l’indice touche des niveaux records. Il s’est ajouté 26 000 milliards $ US de valeur boursière.

Non seulement la croissance du marché est phénoménale, mais la hausse du PIB s’accélère. Le 8 novembre 2016, jour de la présidentielle, la croissance sur 12 mois était de 1,5 %. Aujourd’hui, elle est passée à 2,3 % alors que les deux derniers trimestres ont atteint les 3 %.

Depuis le début de l’année 2017, le taux de chômage est passé de 4,8 % à 4,1 %, le plus faible taux depuis l’an 2000. La confiance des consommateurs n’a pratiquement jamais été aussi forte depuis 1990. La confiance des PME est également au rendez-vous.

C’est important de souligner à grands traits ce niveau de confiance. Il est extrêmement important dans l’univers économique. C’est la confiance qui fait dépenser, qui fait investir et qui fait croître plus rapidement l’économie. Quand on dit que la confiance des consommateurs américains revient aux sommets vécus il y a 25 ans, il faut bien comprendre ce que ça signifie. Les gens croient que leurs possibilités économiques sont plus grandes, ils ont moins peur de perdre leur emploi et sont davantage encouragés à dépenser.

Réactions contradictoires

Alors, comment réunir les inquiétudes exceptionnelles que suscite Donald Trump dans les multiples analyses vues et entendues avec les très bons indicateurs économiques?

Selon l’économiste Francis Généreux, de Desjardins, invité à RDI économie mercredi soir, il ne faut pas oublier que le président Trump est monté à bord d’un train économique qui était déjà en marche. Il y a une bonne partie de la croissance et de son accélération qui découle des investissements des années passées.

De plus, Donald Trump éprouve des difficultés à mettre en place certaines de ses politiques, sur l’immigration et la santé en raison des nombreux contre-pouvoirs qui existent aux États-Unis. Ces politiques, si elles devaient être mises en oeuvre, pourraient avoir un effet néfaste sur l’économie si les Américains s’isolent trop ou si des dizaines de millions de personnes perdent leur assurance maladie avec la destruction de l’Obamacare. En attendant, la non-réalisation de ces mesures se trouve à ne pas entraver la croissance américaine.

Beaucoup de gens s’inquiètent du protectionnisme du président Trump. Mais, force est de constater que, pour l’instant, ce protectionnisme se limite à des discours vindicatifs, qui n’ont à peu près pas de conséquences. Les plus grandes menaces de la campagne électorale, sur le Mexique et la Chine, ainsi que sur l’abandon de l’ALENA ne se sont pas matérialisées. Pour l’instant, du moins.

Un feu d'artifice

Le président Trump est un feu d’artifice. Nous sommes continuellement éblouis par son insolence, ses accusations, ses coups de gueule, ses propos déplacés. Mais, pendant ce temps, la croissance économique s’accélère, des emplois sont créés partout, des entreprises investissent et la confiance des PME et des citoyens est en hausse.

Il faut voir la suite, tout de même. L’incertitude sur l’ALENA, les hésitations dans le dossier de la réforme fiscale, les tensions géopolitiques qui grandissent pourraient avoir un effet sur la croissance prochaine. Les hausses de déficit et de dette qui sont prévues pourraient aussi avoir des répercussions négatives sur la stabilité financière du pays.

Il serait rapide et injuste d’attribuer à Donald Trump l’ensemble des effets économiques positifs qu’on constate aux États-Unis depuis un an. Il faudra plus de temps pour faire un lien plus direct entre les deux. Mais, il serait certainement honnête de dire que, pour l’instant, sur le plan économique, sa présence à la tête du gouvernement des États-Unis n’est vraiment pas la catastrophe annoncée.

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