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Faillite du Délice des nations : une famille jetée à la rue

Un boulanger-pâtissier français se retrouve plongé en plein cauchemar administratif et financier depuis la faillite du Délice des nations de Sherbrooke.

« C'est un cri du coeur! C'est un appel au secours! Je ne sais pas quoi faire! S'il-vous-plaît, j'appelle toute personne capable de nous donner un coup de main de nous aider parce que c'est vraiment difficile pour moi », raconte, désespéré, Nasser Koronfol. Ce dernier, venu expressément de France pour cet emploi, a commencé à travailler au Délice des Nations le 15 mai dernier. Un mois plus tard, le propriétaire de l'épicerie ethnique, Mohammed Elmir, déclarait faillite.

Depuis son arrivée au Québec, Nasser Koronfol n'a été payé qu'une seule fois. Les trois autres chèques de paie étaient sans provision.

Le malheur de M. Koronfol, c'est qu'il détient un permis de travail fermé jusqu'en avril 2018. Ce permis lui permet de travailler seulement comme boulanger-pâtissier et uniquement au Délice des nations. « J'ai vraiment les mains liées. Je suis handicapé. Je ne peux subvenir aux besoins de mes enfants qui ont besoin de se nourrir, de vivre », rappelle-t-il.

Selon lui, le propriétaire savait que son entreprise n'allait pas bien et n'aurait pas dû le faire venir au Québec. « Je ne pense pas qu'il a découvert, en l'espace d'un mois, subitement et soudainement que sa comptabilité va mal et qu'il fait faillite du jour au lendemain. Je soupçonne qu'il savait d'avance qu'il n'irait pas loin et qu'il irait dans le mur », déplore-t-il.

De l'espoir pour la famille, selon le député Dussault

Nasser Koronfol, son épouse et leurs quatre enfants souhaitent vivre au Québec. « Vous savez, quand vous quittez votre propre pays, c'est que vous avez de grands espoirs. Notre pays, la France, souffre de pas mal de difficultés. Nous avons espéré, en venant ici, de refaire notre vie avec du travail, une éducation pour nos enfants et surtout une meilleure vie. Vous avez un beau pays que nous aimons beaucoup », dit-il.

Ce rêve n'est pas mort, selon le député fédéral de Sherbrooke, Pierre-Luc Dussault, qui soutient comprendre la situation dans laquelle se trouve Nasser Koronfol et croire qu'il existe quelques solutions pour lui venir en aide.

« Il est possible pour lui de faire un choix, et de décider s'il garde un permis de travail fermé, avec un autre type d'employeur, ou s'il fait un autre type de demande, comme un permis de travail ouvert. Il y a aussi des options qu'il s'offre aussi à toute la famille », explique-t-il.

Le député soutient d'ailleurs qu'il est prêt à les guider dans leurs démarches pour qu'ils puissent demeurer à Sherbrooke.

L’épicerie fine, qui avait pignon sur rue depuis 1994, s’est placée sous la Loi sur la faillite et l’insolvabilité le 28 juin dernier. Un avis de faillite indique que la première assemblée des créanciers se déroulera le 8 août prochain.

Il a été impossible de discuter avec le propriétaire Délice des nations, Mohammed Elmir.

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