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Fermetures de zones de pêche : les homardiers gaspésiens touchés de plein fouet

Pêches et Océans Canada ferme les zones de pêche, situées entre Percé et Port-Daniel-Gascons, fréquentées par des homardiers du sud de la Gaspésie.

Un texte de Joane Bérubé

La mesure touche environ 70 des 163 détenteurs de permis de homard de la Gaspésie.

Jusqu’à maintenant, les mesures de protection de la baleine noire mises en place par le ministère avaient épargné la pêche côtière au homard.

Ce n’est plus le cas. La mesure vise le cœur de la zone 20A et une partie de la zone 20B des homardiers de la Gaspésie.

Cette fermeture, qui sera effective jeudi, survient après l’observation de deux baleines noires à 10 km, au large de Newport, en Gaspésie.

La fermeture temporaire pour une période de 14 jours pourrait précipiter la fin de la saison pour les pêcheurs de la Gaspésie touchés, croit le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O’Neil Cloutier.

Les pêcheurs ont complété la semaine dernière leur 6e semaine de pêche.

En Gaspésie, la pêche au homard s’étale sur 10 semaines seulement et se termine à la fin juin.

O’Neil Cloutier, lui-même touché par la fermeture, ajoute qu’aucune des zones temporaires fermées par le ministère depuis le printemps n’a été rouverte à la pêche.

Les dernières semaines de pêche sont souvent celles qui assurent la rentabilité des entreprises de pêche. Les homardiers de la Gaspésie mettront en place une cellule de crise.

Des propositions d'atténuation rejetées

Le ministère avait déjà annoncé vendredi en fin de journée la fermeture d’une zone de pêche située près des côtes gaspésiennes en raison de la présence confirmée d’au moins une baleine noire.

Cette fermeture a pris effet lundi à 14 h et touchait un petit secteur de la zone 20A des homardiers gaspésiens.

Les homardiers gaspésiens, voulant éviter la crise, ont alors demandé au ministère de permettre malgré tout une pêche côtière à un maximum de 10 brasses de la côte.

Cette proposition a été conjointement déposée avec des homardiers du Nouveau-Brunswick. Le ministère a refusé.

Les homardiers sont revenus avec une seconde proposition, soit d’assurer une surveillance 24 heures sur 24, sept jours par semaine de leurs engins de pêche afin d’éviter les empêtrements. Cette solution discutée par le ministère a aussi été repoussée.

Nervosité dans les usines de transformation

Dans les usines, tout le monde est aux aguets. Le vice-président de l’entreprise E. Gagnon et fils, Bill Sheehan, confirme que ces fermetures équivaudraient à une catastrophe.

Environ 80 % de son approvisionnement proviendrait des secteurs touchés. Déjà, « On a, dit-il, une usine de homard et de crabe des neiges, si on coupe l’approvisionnement des deux espèces, je ne sais plus vers quoi on pourrait se tourner d’autres. Je commence être à court de solutions. » L’usine compte plus de 350 employés. Normalement, cette période de l’année correspond au temps fort de la saison.

À Grande-Rivière, à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, la pêche est au cœur de l’économie.

« Je pense que c’est tout le monde en Gaspésie qui va être touché par ça, à partir des travailleurs d’usine, après ça va être les commerçants. Tout le monde va s’en ressentir, c’est toute l’économie locale qui est touchée par ça », commente Bill Sheehan.

La préfète de la MRC de Rocher-Percé, Nadia Minassian, demande à Québec et à Ottawa d’intervenir immédiatement pour aider financièrement l’industrie des pêches et ses travailleurs touchés.

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